Face aux combats en Libye, l'ONU va réunir le Conseil de sécurité

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"Pour le moment, c'est toujours le jeu du chat et de la souris", lance sur la route de l'aéroport un commandant d'un groupe armé loyal au GNA.

"Les affrontements se sont intensifiés".

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé un "cessez-le-feu" en Libye, où les combats s'intensifient près de Tripoli, pour éviter une "bataille sanglante" dans la capitale, après une réunion d'urgence du Conseil de sécurité le 10 avril. Ainsi, le chiffre des déplacés risque d'augmenter d'ici quelques jours, si les combats se poursuivent, malgré les appels incessants en direction de Khalifa Haftar pour qu'il retire ses troupes. "Ça tape fort! ", a indiqué à l'AFP par téléphone une habitante du quartier.

Selon les Nations unies, les violences ont conduit 9.500 personnes à quitter les zones de combat.

Plus de 4500 personnes ont quitté leurs demeures pour se réfugier dans les quartiers qui échappent pour le moment aux combats, selon l'ONU.

Le centre d'analyses International Crisis Group (ICG) a estimé pour sa part qu'un "déploiement plus important de combattants " ou "une intervention militaire extérieure " en Libye pourraient précipiter une "catastrophe humanitaire ".

Des dizaines de personnes ont été tuées au cours de la semaine dernière et plus de 300 ont été blessées, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon l'ICG, "l'ANL pourrait capturer Tripoli [.] à la seule condition que ses adversaires changent de camp ou fuient comme ce fut le cas dans le centre et le sud" du pays. Il a toutefois jugé que cette perspective était incertaine, "car les deux côtés semblent de force égale sur le plan militaire".

Par ailleurs, les appels de la communauté internationale à la désescalade se multiplient pour ouvrir la voie à la tenue de la Conférence nationale prévue initialement à la mi-avril mais reportée sine die à la suite des combats à Tripoli.

Fort de leur domination dans l'est et le sud du pays, les hommes du maréchal Haftar tentent de s'emparer de la capitale.

Cette conférence avait pour objectif de dresser une feuille de route en vue de mettre fin à la période de transition chaotique qui perdure depuis la chute du régime de Mouâamar El-Keddafi en 2011. En face, les forces pro-GNA ont affiché leur détermination à ne ménager aucun effort pour faire cesser les agressions menées par le maréchal Khalifa Haftar.

Le porte-parole de l'ANL, Ahmad al-Mesmari, a accusé le GNA de s' "allier avec des milices islamistes". "Elle est désormais aux mains des terroristes", a-t-il dit mardi, citant notamment des milices venues de Misrata (200 km à l'est de Tripoli).

Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé à l'évacuation urgente de 1 500 réfugiés et migrants détenus dans des camps et dont la vie est menacée.

L'Unicef a indiqué de son côté que "près d'un demi-million d'enfants à Tripoli et des dizaines de milliers d'autres dans les régions occidentales" étaient "directement menacés".

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