Un chirurgien suspendu pour des opérations abusives — Grenoble

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Selon RTL, 54 cas d'interventions injustifiées ont été relevées à l'encontre d'un chirurgien grenoblois, entre 2013 et 2014.

Les récits de ces patients originaires de l'est de la France font froid dans le dos.

Un chirurgien, qui exerce depuis plusieurs années à Grenoble, a été suspendu par le Conseil National de l'Ordre des Médecins (CNOM) pour une période de trois ans, dont 18 mois avec sursis, après s'être vu reprocher de nombreuses fautes dans l'exercice de ses fonctions, révèle RTL.

"Le jugement du Conseil de l'ordre est très sévère: " le Docteur V.ne s'est préalablement pas assuré qu'il disposait de tous les éléments nécessaires à la prise d'une décision opératoire", il n'a " pas respecté une technique opératoire conforme aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de Santé sur la pertinence de la chirurgie des lombalgies " et il y a aussi " dans de nombreux dossiers une absence dommageable de qualité dans le suivi opératoire ". "Mes jambes n'ont pas été irriguées pendant un long moment". J'étais sous morphine, sous antidépresseurs. "Et j'ai dû finalement me faire amputer de la jambe gauche", témoigne-t-il.

Opéré d'une hernie discale en 2014, Serge Gillet, 62 ans, se déplace maintenant en fauteuil roulant. La Sécurité sociale de l'Isère avait donné l'alerte, constatant sur 54 dossiers médicaux " des opérations sans justification médicale". Et pourtant, il m'a mis dix vis dans le dos. "Je n'aurais jamais dû être opéré", se lamente t-il. Opérée d'une fracture de la cheville en 2009, une femme a dû en passer par une cinquantaine d'opérations avant de subir une amputation tibiale. J'ai subi 40 à 50 opérations pour tenter de sauver ma jambe. L'avocat des trois patients a saisi le procureur de Grenoble pour qu'une " vaste enquête soit menée". Je souffre toujours. Ma vie est foutue. Son avocat a annoncé qu'il allait saisir le Conseil d'Etat pour contester la décision de l'Ordre des médecins.

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