Quelque chose de grave s'est passée à Agence France-Presse (AFP) — Algérie

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La France "regrette" la décision de l'Algérie d'expulser le directeur de l'AFP à Alger, a déclaré mercredi le ministère des Affaires étrangères, au lendemain du départ d'Aymeric Vincenot après le refus de renouveler son accréditation pour l'année.

Âgé de 45 ans, le journaliste était en poste à Alger depuis juin 2017.

Son expulsion survient alors que l'Algérie est secouée depuis sept semaines par un mouvement de contestation sans précédent contre le système au pouvoir.

Ainsi, cet événement coïncide avec les manifestations contre l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

" Cette décision prise sous la présidence de M. Bouteflika est inacceptable".

"En nous privant de chef de poste sur place, cette décision porte gravement atteinte à notre dispositif, qui vise à assurer une couverture exhaustive et rigoureuse des événements historiques qui se déroulent actuellement en Algérie", a indiqué Fabrice Fries.

Il a toutefois souligné que l'AFP "ne renonçait pas pour autant " à poursuivre cette couverture des événements en Algérie, où elle a pu dépêcher plusieurs envoyés spéciaux ces dernières semaines.

Le correspondant de l'agence AFP, Aymeric Vincenot, était en situation irrégulière depuis le 28 février dernier suite à l'expiration du délai que lui ont accordé les autorités algériennes pour quitter le pays suite à l'expiration, le 31 décembre 2018, de son accréditation et de son permis de travail. La direction de l'agence n'a d'ailleurs reçu aucune notification formelle justifiant la décision.

En outre, M. Vincenot n'a jamais eu la possibilité de répondre.

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), a déploré sur Twitter "plus qu'un signe extrêmement négatif, (.) l'indice d'une volonté de dissimulation: pourquoi violer la liberté de la presse dans une telle période politique?"

Des inquiétudes aussi du côté d'AFRIK.COM, solidaire avec l'AFP, qui, faut-il le souligner, à ce stade, a joué un grand rôle dans le traitement de l'information en Algérie qui est en train de rédiger une page importante de son histoire.

Des journalistes algériens ont dénoncé la censure qui leur est imposée lors d'un rassemblement organisé devant le siège de la télévision d'État, le 25 mars dernier.

"Dans le communiqué de l'AFP, Fabrice Fries a d'ailleurs tenu à exprimer " la solidarité " de l'Agence " envers les journalistes algériens, qui font courageusement leur métier dans des conditions particulièrement difficiles ".

L'AFP est présente dans 151 pays et dispose d'un local en Algérie depuis 1962.

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