Les chiffres les plus bas de la décennie — Peine de mort

Share

L'association a recueilli des chiffres partout dans le monde, sauf en Chine, où ces informations sont classées secret d'État.

Il n'y a jamais eu aussi peu de peines capitales appliquées dans le monde en dix ans. Et la France? Des élèves, de l'école du Parc à Carrières-sur-Seine, posent leurs questions Anne Denis, responsable de la commission "Peine de mort" à Amnesty International France. Aux États-Unis, la loi relative à la peine capitale dans l'État de Washington a été déclarée inconstitutionnelle. Le Burkina Faso a ainsi adopté un nouveau code pénal excluant ce châtiment, tandis que la Gambie et la Malaisie ont déclaré un moratoire officiel sur les exécutions.

Dans son bilan mondial annuel, Amnesty International rapporte une baisse du chiffre d'exécutions à travers le monde.

"La chute du nombre d'exécutions à l'échelle mondiale", qui ont baissé de 31% par rapport à l'année précédente, "prouve que même les pays apparemment les plus rétifs amorcent un changement et réalisent que la peine de mort n'est pas la solution", a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d'Amnesty International. Or, la Chine exécuterait plus que tous les autres pays réunis. Une baisse de 50% à 75% est constatée en Irak, au Pakistan et en Somalie. Cette donnée ne vient pas pour autant effacer la dramatique performance iranienne. Ces quatre derniers pays représentent ensemble près de quatre cinquièmes (78%) des exécutions recensées dans le monde.

Le Vietnam fait une entrée fracassante dans ce classement global, puisqu'exceptionnellement les autorités ont révélé avoir procédé à 85 exécutions en 2018. Le premier est passé de 4 à 15 exécutions par pendaison, dont 13 concernaient les hommes impliqués dans l'attaque mortelle au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, suscitant l'effroi dans le camp abolitionniste. La Thaïlande, elle, a renoué avec les exécutions, où elles n'avaient plus cours depuis 2009.

Les exécutions ont baissé de 41% dans la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

Si les bourreaux sont moins sollicités, le nombre de personnes condamnées à demeurer dans le couloir de la mort en 2018 a augmenté de 89% par rapport à 2017. 61% de ces sentences suprêmes ont été prononcées en Égypte, avec au moins 717 personnes contre au moins 402 en 2017. Les tribunaux continuent ainsi de prononcer des peines capitales, malgré l'opposition et la condamnation de plusieurs associations et ONG.

Share