Erdogan ne digère pas sa défaite à Istanbul — Turquie

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Le président turc a affirmé également que le scrutin avait été entaché par des "irrégularités" massives et commises de façon "organisée" à Istanbul.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) du président turc Recep Tayyip Erdogan va demander la tenue de nouvelles élections municipales à Istanbul, où des résultats provisoires du scrutin du 31 mars le montrent perdant, a déclaré mardi un cadre du parti.

Le YSK a rejeté la demande de recomptage de toutes les voix dans 31 des 39 districts d'Istanbul, acceptant le recomptage des votes de 51 urnes, indique l'agence de presse étatique Anadolu, citant le représentant de l'AKP auprès du comité, Recep Özel.

" Il ne s'agit pas d'irrégularités çà et là, presque toute l'affaire est irrégulière", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse avant son départ pour une visite en Russie".

Selon les résultats provisoires des élections municipales du 31 mars, l'AKP a remporté les élections à l'échelle nationale mais subi un revers à Istanbul et Ankara, remportées par l'opposition, deux villes sous contrôle de l'AKP et ses prédécesseurs islamistes depuis 25 ans. "Notre parti a établi que des crimes organisés, que des actions ont été perpétrées de manière organisée " lors du scrutin, a assuré M. Erdogan, évoquant un " vol dans les urnes ".

"Ce que nous voulons, c'est que toutes les voix soient recomptées pour éliminer les défaillances", a plaidé lundi le vice-président de l'AKP, Ali Ihsan Yavuz.

La perte d'Istanbul, capitale économique de la Turquie où vit 20 % de la population du pays, serait un revers électoral inédit pour Recep Tayyip Erdogan, qui y a été maire de 1994 à 1998.

"L'ironie est que d'un point de vue institutionnel, (.) M. Erdogan est plus fort que jamais, mais d'un point de vue politique il est au plus faible", estime Lisel Hintz, de l'Université Johns Hopkins.

La sortie de M. Erdogan lundi a contribué à faire baisser une nouvelle fois la livre turque, alors que les marchés redoutent la tenue de nouvelles élections à Istanbul qui seraient un facteur d'instabilité et repousseraient des réformes économiques urgentes.

"L'AKP élargit le front de ses recours à Istanbul". "Si c'est comme ça, alors faisons des élections tous les deux mois!", a-t-il déclaré.

En dépit d'un long recomptage partiel dans plusieurs districts d'Istanbul, le principal candidat de l'opposition, Ekrem Imamoglu, maintient une courte avance sur son adversaire de l'AKP, l'ex-Premier ministre, Binali Yildirim. "A Istanbul, où il y a plus de 10 millions d'électeurs, personne n'a le droit de proclamer sa victoire avec une différence de 13 ou 14 000 voix", a-t-il ajouté.

"J'en appelle aux juristes qui travaillent au YSK: votre indépendance et votre objectivité sont primordiales", a insisté le chef du CHP, Kemal Kiliçdaroglu.

L'AKP a déposé des recours tout au long de la semaine dernière, notamment pour faire réexaminer les bulletins comptés comme invalides.

Pour Ekrem Imamoglu, l'AKP veut gagner du temps en multipliant les recours pour effacer les traces d'éventuelles malversations commises à la municipalité.

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