Une nouvelle journée Marathon pour Theresa May — Brexit

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La Première ministre a obtenu un premier report au 12 avril en lieu et place du 29 mars et doit maintenant demander un second jusqu'au 30 juin.

Avant le Conseil affaires générales de l'UE à Luxembourg ce mardi pour préparer le sommet européen sur le Brexit mercredi, la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a souligné que "la position de la France n'a pas changé".

"Un report du Brexit de plusieurs mois est possible, jusque début 2020", a estimé mardi la chancelière allemande Angela Merkel après sa discussion avec Theresa May à Berlin.

Le constat à Bruxelles est clair: "notre expérience jusqu'à présent, ainsi que les profondes divisions au sein de la Chambre des Communes, nous donnent peu de raisons de croire que le processus de ratification pourra être achevé d'ici à la fin juin", écrit le président du Conseil européen Donald Tusk dans sa lettre d'invitation au sommet. Emmanuel Macron a en effet adopté une ligne ferme: même s'il se dit ouvert à l'idée d'un allongement du délai, il s'oppose publiquement à un long report. "Le 'no deal' ne sera jamais la décision de l'UE, ce sera toujours la responsabilité du Royaume-Uni de nous dire ce qu'il veut", a-t-il ajouté.

C'est une nouvelle journée Marathon pour Theresa May.

La France n'écarte pas la possibilité de reporter de nouveau la date du Brexit, annonce l'Élysée.

Le sommet de Bruxelles sera précédé par une "réunion de coordination" à l'initiative de la Belgique qui réunira une demi-douzaine de pays, ceux qui seraient les plus "directement affectés" par une sortie du Royaume-Uni sans accord de divorce.

La Première ministre Theresa May tentera ce soir, lors d'un sommet européen extraordinaire, d'obtenir un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE afin d'éviter un Brexit dur ce vendredi, le Parlement britannique n'ayant pu indiquer ce qu'il souhaite.

Face à Theresa May, Emmanuel Macron devrait réaffirmer que Paris "n'est pas fermé à construire une autre solution" que celle du "no deal", mais "avec certaines limites et pas à tout prix", a précisé l'Élysée.

"Je suis d'opinion (.) que nous devons laisser un délai raisonnable" aux partis politiques britanniques pour négocier une sortie de crise, et il est donc "fort possible que le délai accordé par l'UE soit plus long que celui demandé par la première ministre britannique", a-t-elle déclaré devant les députés allemands.

"Si le Royaume-Uni est toujours membre de l'UE à la période du 23-26 mai 2019 et s'il n'a pas ratifié l'Accord de retrait d'ici le 22 mai 2019, il devra participer aux élections européennes conformément aux règles de l'UE".

Cette main tendue au Labour a suscité la fureur des eurosceptiques qui craignent que le gouvernement s'oriente vers une union douanière avec l'UE, que prône le Labour, mais qui empêcherait Londres de mener une politique commerciale indépendante après le Brexit.

"Il y aura sans doute une extension mais de quelle durée et à quelles conditions?", a résumé mercredi un diplomate européen. Pour éviter ce scénario, la Chambre des Lords, haute chambre du Parlement, a entériné lundi soir une proposition de loi des députés visant à obliger légalement la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit si les parlementaires n'arrivaient pas à surmonter leurs divergences et à se mettre d'accord sur ses modalités. Les députés ont approuvé cette motion.

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