Guaido déclare lancer la "phase définitive" contre Maduro — Venezuela

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Le pouvoir chaviste, qui n'entend pas laisser la rue à l'opposition, a lui aussi fait descendre dans la rue des milliers de fidèles vêtus de rouge contre l'"impérialisme".

"On est en mode survie, c'est ce à quoi nous oblige cette dictature", a confié à l'AFP Marcel Rouaix, un étudiant de 22 ans.

Difficile d'anticiper les conséquences concrètes de ces décisions dans ce pays où personne ne reconnaît la légitimité de personne.

Les manifestations opposées ont eu lieu quelques jours après que l'Assemblée constituante du Venezuela a privé mardi le chef de l'opposition Juan Guaido de son immunité parlementaire, ouvrant la voie à des poursuites et à une éventuelle arrestation. "Cette lutte est en faveur de meilleures conditions de vie de tous les Vénézuéliens", a écrit vendredi soir sur Twitter M. Guaido, reconnu président par intérim par plus de cinquante pays. " Ce ne sera pas un problème pour la Russie, la Chine ou tout autre pays, car ce que nous allons respecter c'est l'Etat de droit, la Constitution, rétablir la sécurité juridique qui fait défaut aujourd'hui à notre économie ", a conclu Juan Guaido, président du Parlement, unique institution aux mains de l'opposition. Juan Guaido lui-même a affirmé que " rien " ne l'arrêterait.

Arrêter Guaido "serait une très grave erreur, peut-être la dernière du régime", a prévenu vendredi Elliott Abrams, représentant spécial américain pour la crise vénézuélienne, dans un entretien à la chaîne NTN24.

En raison de la répétition de ces pannes géantes, M. Maduro a annoncé le 31 mars l'instauration immédiate d'un rationnement de l'électricité pendant 30 jours, dont la capitale Caracas est exclue. Les pompes à eau des habitations et des immeubles, qui fonctionnent à l'électricité, se retrouvent à l'arrêt.

Le président Maduro a appelé la population à faire des réserves, laissant entendre que le problème allait durer.

" Nous avons découvert de nouvelles sources d'attaque depuis le Chili, depuis la Colombie, ils ont effectué des attaques cybernétiques soutenues par le gouvernement des États-Unis pour endommager le système électrique du peuple du Venezuela", a annoncé M. Maduro à une foule de ses partisans rassemblés devant le palais présidentiel de Miraflores à Caracas.

Selon un rapport interne de l'ONU, sept millions de personnes - près du quart de la population vénézuélienne - ont besoin d'aide humanitaire et manquent de nourriture et de soins médicaux. M. Guaido estime, lui, que c'est l'incurie du gouvernement et la corruption en son sein qui sont à blâmer.

Les manifestations de l'opposition doivent composer avec la présence des "colectivos", ces hommes armés agissant en milice pour s'en prendre à l'opposition.

"Le gouvernement parie sur l'usure de Guaido, qui a réussi jusqu'à présent à conserver un large soutien politique et populaire", estime le politologue Luis Salamanca.

"On est en train de résister", assure Larry Moreno, 65 ans, vendeur de légumes sur un marché de Caracas, qui accuse l'"opération liberté" de Guaido de servir à "camoufler" une prochaine intervention militaire américaine.

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