Face à face - Grand débat national : Édouard Philippe déclare "l'état d'urgence fiscale"

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"Nous devons baisser et baisser plus vite les impôts", a-t-il insisté. Il a évoqué la défiance à l'encontre des élus et un " profond malaise " dans la société française, fait d' "isolement ", d' "abandon ", d' "indifférence " et de " manque de considération ". " Le Premier ministre assure qu'il faut "réorienter les investissements vers les transports du quotidien ", c'est-à-dire les bus, les trains ou les métros".

La troisième exigence qui ressort de ces consultations est d'ordre démocratique, indique Edouard Philippe tout en reconnaissant que les hommes politiques ne sont pas parvenus à réconcilier les Français avec ceux qui les dirigent. "Renouer avec une forme de confiance est le grand défi de notre génération politique. Les Français veulent une démocratie plus représentative, plus transparente, plus efficace et une exemplarité encore renforcée", a-t-il dit. "En revanche, ils ne veulent pas, ils ne veulent plus, que des taxes leur dictent ce qu'ils doivent faire et dans les cas où ils peuvent l'envisager, ils veulent que leurs produits financent des dispositifs d'accompagnement", a-t-il indiqué. Mais Édouard Philippe a livré un indice sur les décisions du président de la République: "Toute hésitation serait une faute, toute frilosité impardonnable, tant le besoin de changement est radical".

Sans entrer dans le détail des mesures à venir, le Premier ministre a cité l'importance de prendre des mesures en matière de fiscalité, d'organisation des territoires et de réforme institutionnelle, dont l'examen au Parlement a été interrompu l'été dernier par l'affaire Benalla.

Les cinq garants du grand débat, se sont félicités mardi de ce "moment démocratique exceptionnel", prévenant toutefois que "ne sera réellement crédible qu'à la double condition qu'il soit bien suivi d'effets et que la richesse de ses résultats soit pleinement exploitée". Le gouvernement est ouvert à une nouvelle mesure pour sécuriser les routes de France.

L'Assemblée nationale le 9 avril 2019
L'Assemblée nationale le 9 avril 2019

Selon les documents de synthèse consultés par l'AFP, la baisse des impôts revient sans surprise comme une des principales suggestions qui émergent du grand débat, et le souhait d'une plus grande justice fiscale se traduit par des soutiens notables au rétablissement de l'impôt sur la fortune (ISF), au renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et à l'idée " que tout le monde paie l'impôt".

Une longue après-midi de débats est prévue à partir de 16H30 dans l'hémicycle avec une déclaration du chef du gouvernement, suivie de 3H30 d'interventions des présidents de groupe et d'un député non-inscrit, et la réponse du Premier ministre, mais sans vote. "Il n'y a pas de remise en cause de l'ISF, rien sur la TVA des produits de première nécessité, ni sur le RIC (référendum d'initiative citoyenne, ndlr) ou le gel de la hausse des carburants", a déclaré au Figaro, Maxime Nicolle l'une des figures du mouvement. Plus de 1,5 million de Français ont pris part au "grand débat".

C'est le président qui "fixera le cap et annoncera l'ouverture de grands chantiers ", avec "les élus locaux ", "les organisations syndicales et patronales " et encore "les associations ", a tracé le Premier ministre, sous les applaudissements de la majorité.

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