Washington classe les "Gardiens de la Révolution" comme organisation terroriste — Iran

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Le président Donald Trump a annoncé lundi que les Gardiens de la révolution iranienne faisaient dorénavant partie de la liste des organisations considérées comme "terroristes".

Les États-Unis ont décidé d'inscrire les gardiens de la Révolution islamique, une composante de l'armée iranienne, sur leur liste des organisations étrangères terroristes, a annoncé lundi le président américain Donald Trump. L'Iran figure déjà depuis 1984 sur la liste américaine très restreinte des "États soutenant le terrorisme", avec la Corée du Nord, le Soudan et la Syrie. Concrètement, cette appellation va permettre à l'administration américaine de poursuivre pénalement des membres des Gardiens de la révolution mais aussi des officiels étrangers qui leur apporteraient un soutien.

En riposte à la décision de Donad Trump de placer le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste noire des organisations terroriste internationales, l'Iran a à son tour designé l'armée américaine déployée au Moyen-Orient comme organisation terroriste.

Cette décision prendra effet dans une semaine, a précisé lors d'une conférence de presse le secrétaire d'État Mike Pompeo, partisan d'une ligne dure envers l'Iran.

L'annonce de la Maison blanche a provoqué une réponse immédiate de l'Iran. La nouvelle a d'ailleurs rapidement été saluée sur Twitter par Netanyahou qui, s'adressant à Donald Trump, lui a assuré: "Une fois encore, vous mettez le monde à l'abri de l'agression et du terrorisme de l'Iran". Première conséquence spectaculaire de ce changement de cap de la diplomatie américaine, il a retiré en mai 2018 les États-Unis de l'accord international de 2015 censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique, signé par le gouvernement de son prédécesseur démocrate Barack Obama, mais jugé trop laxiste par l'homme d'affaires républicain. Leur unité d'élite, la force Qods, est une branche extérieure qui soutient les forces alliées de l'Iran dans la région, comme les troupes du président syrien Bachar Al-Assad ou le Hezbollah au Liban.

Dans la foulée, Washington a rétabli toutes les sanctions levées en échange de l'engagement nucléaire iranien, et a promis les mesures punitives "les plus fortes de l'histoire". Les États-Unis tentent de forger une "coalition" anti-iranienne, mais avec des résultats mitigés, les Européens étant toujours furieux du retrait américain de l'accord nucléaire.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, grand pourfendeur de l'Iran, a salué la décision des États-Unis. Face à cette impasse, l'administration américaine espère que la mise à l'index des "Pasdaran" augmente "significativement l'échelle et la portée" de leur "pression maximale contre le régime iranien".

Mais d'autres, comme l'ex-diplomate Richard Nephew, estiment que cette mesure est avant tout symbolique, étant données les nombreuses sanctions déjà en vigueur.

Le Pentagone a reconnu avoir pris "des mesures de précaution pour garantir la sécurité" des forces américaines dans le monde.

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