Mediapart révèle un "conflit d’intérêts manifeste" lors de l’enquête — Affaire Legay

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Geneviève Legay n'est pas encore rétablie, elle ne tient pas debout plus de quelques minutes, mais elle se dit touchée par les messages de sympathie qui affluent: "J'ai reçu plus d'un millier de lettres, de cadeaux de la France entière, d'Allemagne et de Belgique, tous les jours mon téléphone sonne, chaque instant." .

Elle a également tenu à répondre brièvement aux déclarations d'Emmanuel Macron: "Alors lui, la sagesse, il ne sait pas ce que ça veut dire parce que moi je trouve que je suis sage justement". "Le président de la République n'a pas eu une seule pensée pour mes filles qui attendaient à l'hôpital pour savoir si j'allais pouvoir m'en sortir et avec quelles séquelles".

Aujourd'hui, la militante estime "incompréhensible et surtout lamentable" la réaction d'Emmanuel Macron à ce qui lui est arrivé. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable. "Je pense que quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci", avait-il expliqué, en assurant par ailleurs que "cette dame n'a pas été en contact avec les forces de l'ordre".

"Comment Emmanuel Macron peut-il donner des leçons de sagesse sans l'être lui-même?", s'interroge Geneviève Legay dans Mediapart.

Le procureur de Nice, sur la base des premiers éléments de l'enquête, était ensuite revenu sur cette version en reconnaissant finalement qu'un policier avait bien poussé Geneviève Legay. "Macron n'est pas un exemple de sagesse mais de mépris et de violence", a insisté la manifestante, toujours hospitalisée dans une unité de convalescence à Nice. Il ne représente pas du tout le peuple français.

Si la porte-parole niçoise d'Attac a quitté la semaine dernière les soins d'urgence, elle est toujours sous surveillance médicale, à l'hôpital Cimiez.

Victime d'une hémorragie méningée et d'un hématome sous-dural, la septuagénaire a aussi eu plusieurs côtes cassées et de nouveaux examens ont révélé une fracture du coccyx, selon Mediapart.

Revenant sur la manifestation interdite du 23 mars, elle décrit une "humeur festive" et des participants "pacifistes" avant que des policiers ne "foncent" sur eux, sans aucune raison. Or c'est faux. Je me rappelle avoir été poussée par un policier et je le leur ai dit. "Ce que je crois, et que les images de vidéosurveillance de la ville de Nice prouveront, c'est qu'ils m'ont donné un coup de matraque derrière la tête". "Cela fait 50 ans que je milite et à 73 ans, je n'ai jamais vécu pareille violence (.)", dit-elle encore mettant en cause toute la hiérarchie au-dessus du policier qui l'a poussée, en particulier le commissaire Rabah Souchi qui assurait le commandement sur le terrain, ceint de son écharpe tricolore.

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