Le président par intérim sera nommé mardi — Algérie

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Le Parlement réunira ses deux chambres, mardi matin, pour nommer le président par intérim.

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Le MSP a annoncé qu'il va boycotter la session du parlement qui va entériner la démission de Abdelaziz Bouteflika.

Selon des spécialistes en droit constitutionnel, la réunion des deux chambres du Parlement écarte les solutions politiques à la crise proposées par plusieurs acteurs et partis politiques et applique l'article 102 de la Constitution qui stipule que le président du Conseil de la nation, à savoir Abdelkader Bensalah, sera le chef de l'Etat en remplacement du président de la République démissionnaire pour une durée de 90 jours.

Président depuis près de dix-sept ans du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, 77 ans, est un pur produit du régime algérien et un fidèle de Abdelaziz Bouteflika.

Sans le dire clairement, le quotidien El Moudjahid a évoqué, dans l'éditorial de ce dimanche 6 avril, l'éventualité de ne pas voir Abdelkader Bensalah gérer la période de transition en tant que chef de l'État par intérim.

" Il faudrait trouver le plus tôt possible une solution à la question de la présidence du Conseil de la Nation, du moment que l'actuelle figure ne semble pas être tolérée par le mouvement citoyen", estime l'éditorial d'El Moudjahid. Celle-ci prévoit que le président du Conseil de la Nation transmette le pouvoir avant l'expiration du délai de 90 jours à un nouveau chef de l'État élu lors d'une présidentielle.

Le journal a suggéré de trouver " un homme consensuel qui ait l'étoffe et le sens de l'État", mais sans s'avancer sur un nom. Problème: le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, de facto le nouvel homme fort du pays, exige que la succession de Abdelaziz Bouteflika se fasse dans le strict cadre de la Constitution.

" Les manifestants du septième vendredi ont décliné, sur une immense banderole déployée juste en face de la Grande-Poste, une feuille de route qui comprend les quatre revendications suivantes: "Départ du nouveau gouvernement; départ du trio Bedoui-Bensalah-Belaïz; Commission indépendante d'organisation des élections et Jugement de la bande".

Mais " lui ou toute autre personne issue du Conseil de la Nation sera rejetée par la rue", souligne Rachid Grim, enseignant en Sciences politiques à l'Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP) d'Alger, interrogé par l'AFP. C'est là où il y a un vrai problème. "Si l'armée n'assouplit pas sa position, on va vers la rupture et la rue est difficile à maîtriser", s'inquiète Rachid Grim. "Ainsi, aucun vide constitutionnel n'est possible, et toutes les institutions continueront à fonctionner normalement ". L'Armée nationale populaire ne tient pas du tout à jouer un quelconque rôle politique " dans la transition, souligne aussi le quotidien d'État.

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