Une nouvelle décision de justice complique les affaires de Nicolas Sarkozy

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Ces recours concernent l'affaire de "corruption" et de "trafic d'influence" à la Cour de cassation en 2014, révélée par des écoutes téléphoniques.

Pour la défense de l'ancien chef de l'Etat, la décision rendue lundi ne constitue qu'une "étape".

Les juges d'instruction chargés de ce dossier avaient suivi en mars 2018 le réquisitoire du parquet national financier (PNF) et ordonné le renvoi en correctionnelle de l'ancien chef de l'Etat, sans en attendre l'issue.

L'ex-chef de l'Etat est soupçonné d'avoir, début 2014, tenté d'obtenir auprès d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations secrètes, en marge de l'affaire Bettencourt - dans laquelle il avait bénéficié d'un non-lieu en 2013 -, en échange d'un coup de pouce pour qu'il décroche un poste à Monaco.

Le 26 mars 2018, les juges d'instruction avaient suivi l'avis du PNF et ordonné un procès pour "corruption" et "trafic d'influence" contre Nicolas Sarkozy, son avocat et ami Thierry Herzog et Gilbert Azibert, ex-magistrat à la Cour de cassation, au terme d'une instruction marquée par des péripéties procédurales.

Ce pourvoi vient s'ajouter à un autre, déjà pendant devant la haute juridiction, qui doit être examiné le 9 avril selon des sources judiciaires, tandis que l'avocate de Nicolas Sarkozy a assuré que l'audience serait reportée à "fin mai". Ces derniers ont par ailleurs refusé de transmettre une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par sa défense. Si les écoutes ont été validées en mars 2016 par la Cour de cassation, les avocats de Nicolas Sarkozy, Jacqueline Laffont et Pierre Haïk, invoquent l'application d'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme de juin 2016: la retranscription d'écoutes entre un avocat et son client "ne peut être retenue " contre ce dernier, seulement contre l'avocat. Grâce à ces écoutes, les enquêteurs s'étaient aperçus que l'ancien président et son avocat communiquaient via des téléphones portables acquis sous une fausse identité, notamment celle de Paul Bismuth pour Nicolas Sarkozy.

Lundi après midi, la chambre de l'instruction a estimé en substance que "ni la loi ni la jurisprudence" ne donnaient un droit d'appel, alors qu'une affaire est pendante devant la Cour de cassation.

Lors de ces communications téléphoniques, Nicolas Sarkozy semblait s'engager à intervenir en faveur de Gilbert Azibert pour lui obtenir un poste à Monaco.

Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog avaient fait appel de l'ordonnance, jugeant la décision des juges précipitée puisque la demande de nullité du réquisitoire n'avait alors pas encore été examinée par la cour d'appel.

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