Plus de 130 morts dans l'attaque d'un village peul — Mali

Share

Cette tuerie, la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l'opération lancée en 2013, à l'initiative de la France, pour chasser les groupes djihadistes ayant pris le contrôle du nord du pays, s'est produite en pleine visite du Conseil de sécurité de l'ONU au Mali et au Burkina Faso voisin.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture. Les Dogons ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense", dont l'association "Dan Nan Ambassagou". Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU.

Une mission composée d'un détachement de l'armée malienne et des autorités locales est arrivée sur les lieux dans l'après-midi, selon une source de sécurité qui a fourni un bilan d' "au moins 105 morts civils ".

Et à en croire des témoins, les cases du village ont aussi été incendiées.

Il s'agit du chef d'état-major général des armées, M'Bemba Moussa Keïta, et ceux de l'armée de Terre et de l'Air.

Auparavant, le 17 mars, des djihadistes présumés avaient attaqué et brièvement occupé une base de l'armée malienne située dans la localité de Dioura, dans la région de Mopti, au centre du pays.

Une délégation gouvernementale s'est rendu à Ogossagou, le thâtre du drame.

Cheick Harouna Sankaré est le maire d'une commune du centre du Mali. Le gouvernement, via un communiqué parvenu à SeneWeb, a aussi annoncé l'ouverture d'un "enquête pour déterminer les circonstances de ces crimes".

Quelque 134 villageois ont été tués samedi à Ogossagou-Peul, dans le centre du pays. Le DDR est un programme de "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR) prévu par l'accord de paix de 2015 pour les combattants de groupes armés du Nord.

"L'ampleur dépasse l'entendement, mais les conditions pour qu'il arrive existaient et étaient connues", a-t-il souligné, évoquant les carences de l'Etat, "l'accès facile aux armes" et "l'instrumentalisation du facteur +terroriste+" par l'ensemble des protagonistes. L'ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, a parlé d'une "attaque terrible" que "nous condamnons fermement", lors d'une conférence de presse samedi à Bamako.

La violence ethnique au Mali, a repris de force.

Share