Les pharmaciens autorisés à prescrire certains médicaments — Loi santé

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" Je salue l'action menée par les parlementaires pour apporter une réponse à cette problématique rencontrée par les Français, en cas d'impossibilité de consulter un médecin dans un délai raisonnable ", déclare dans un communiqué Alain Delgutte, Président d'un des conseils centraux de l'Ordre des Pharmaciens, représentant les pharmaciens titulaires d'officine.

Les pharmaciens pourront délivrer des antibiotiques pour soigner certaines angines, des cystites ou des conjonctivites. Les pharmaciens devront suivre une formation et auront obligation d'être en lien avec le médecin traitant et de le tenir informer.

Donner un accès supplémentaire aux soins, voilà l'objectif de l'amendement au projet de loi santé adopté le 21 mars par les députés.

Le député communiste Jean-Paul Lecoq réclame le retrait du texte, "nous craignons que la médecine de droit commun ne soit réservée aux mieux lotis, ceux qui habitent dans les bons endroits, tandis que les citoyens relégués n'auront droit qu'à une médecine dérogatoire", a-t-il dénoncé.

Comme l'a rappelé Agnès Buzyn, ministre de la santé, les sages-femmes pouvaient déjà vacciner les femmes enceintes, les nouveaux nés ainsi que leur entourage depuis 2016. Dans un tweet, elle assure que " la coercition n'est pas la solution: au contraire, ça conduira à moins de médecins installés en libéral.il faut libérer du temps médical: c'est ce que l'on fait en travaillant avec les pharmaciens pour la délivrance de certains médicaments. Mêmes réserves pour le député LR Jean-Pierre Door, qui estime que " la prescription sans acte médical pose question ".

Le taux de couverture vaccinale de la France est un des plus bas d'Europe, inférieur à 20 % de la population cible, or l'étendre permettrait notamment de protéger les personnes les plus vulnérables comme les nourrissons ou les personnes âgées.

Enfin, un amendement donne également la possibilité aux sages-femmes de prescrire et vacciner les enfants dans des conditions définies ultérieurement par décret.

Il reviendra à la Haute autorité de santé de se prononcer courant 2019. Une proposition adoptée dans le cadre de l'examen du projet de loi relatif à l'organisation et à la transformation du système de santé.

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