Plus de 100 morts dans l'attaque d'un village peul — Mali

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Plus d'une centaine d'habitants d'un village peul du Mali ont été tués ce samedi par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons, près de la frontière avec le Burkina Faso, en pleine visite du Conseil de sécurité de l'ONU dans un Sahel en proie à la menace jihadiste.

L'attaque a également été signalée par une source militaire malienne, qui a évoqué un bilan encore plus lourd, invérifiable dans l'immédiat.

Des hommes vêtus en chasseurs dozos ont attaqué les localités d'Ogassagou et de Welingara, non loin de Bankass, dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-il expliqué. Un précédent bilan de cette attaque dans le village d'Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, faisait état d'au moins une cinquantaine de morts. Selon l'association de défense des droits des populations pastorales Kisal, qui avait signalé des "exactions perpétrées contre la communauté peule par des hommes armés habillés en chasseurs dans le cercle de Bankass", les personnes tuées incluent "le chef du village et sa famille, le marabout Bara Sékou Issa et toute sa famille". Ce bilan a été confirmé par le maire de la localité de Ouenkoro, Cheick Harouna Sankaré, qui a dénoncé "un massacre de civils peuls par des chasseurs traditionnels dogons".

La violence ethnique au Mali, a repris de force.

Un habitant d'Ogossagou a déclaré sous le couvert de l'anonymat que l'attaque survenue aux premières heures de samedi semblait avoir été menée en représailles à une embuscade tendue par un groupe islamiste affilié à Al Qaïda, au cours de laquelle 23 soldats ont été tués.

Le 17 mars, des djihadistes présumés avaient attaqué et brièvement occupé une base de l'armée malienne située dans la localité de Dioura, dans la région de Mopti, au centre du pays.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense ".

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