Le président du Conseil européen pense que "tout reste possible" — Brexit

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Au terme d'une première journée, les leaders européens ont répondu à la demande de Mme May faite le 20 mars, de prolonger la période prévue par l'article 50 jusqu'au 30 juin et d'approuver l'Accord de Strasbourg. Maintenant, il appartient aux Britanniques de lever les ambiguïtés qui sont les leurs.

Quelques heures avant le sommet de jeudi matin, la Chancelière allemande Angela Merkel déclarait à l'assemblée parlementaire du Bundestag qu'elle serait ouverte à " un court report " de la sortie britannique sous certaines conditions. Mais le Conseil européen en a décidé autrement.

Les dirigeants européens sont prêts à accorder un délai de 8 semaines au Brexit, à condition que la chambre des communes approuve l'accord de retrait la semaine prochaine.

Cette date du 12 avril devrait permettre aussi aux Britannique de décider s'ils participent ou non aux élections européennes.

"Nous avons fait de notre mieux".

On les disait divisés, en arrivant à Bruxelles, sur les modalités d'un report du Brexit.

Le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker et le président du Conseil européen Donald Tusk s'expriment devant la presse à Bruxelles le 22 mars 2019 à l'issue d'un sommet sur le brexit.
/AFP

L'option d'un second référendum avait été rejetée le 14 mars par la Chambre des Communes, et rencontre l'opposition de Theresa May, mais ses partisans espèrent que le chaos ambiant au Royaume-Uni finira par rendre cette option inévitable. Theresa May a dit être satisfaite des propositions de l'UE. Si les députés britanniques approuvent l'accord de divorce, le Brexit sera reporté au 22 mai. Mais "le 12 avril, nous devons savoir où nous en sommes. Si nous n'avons pas de réponse d'ici là, nous aurons un no deal", a indiqué Xavier Bettel, le Premier ministre luxembourgeois [L'Obs avec l'AFP].

Parmi ces règlements figure celui dont l'objectif est de protéger les droits à la sécurité sociale des citoyens des États membres de l'UE au Royaume-Uni et des ressortissants britanniques dans l'UE27 qui ont bénéficié du droit de libre circulation avant le retrait du Royaume-Uni de l'UE.

"Si la formule trouvée par Bruxelles semble un peu alambiquée, elle représente aussi un moyen très subtil de relancer totalement la balle dans le camp des Britanniques", analyse Libération.

La Première ministre britannique a donc "une dernière chance", selon la Une du quotidien britannique The Times. Car le Royaume-Uni serait tenu d'organiser le scrutin européen même s'il se retire ensuite avant la session inaugurale du Parlement, début juillet. Les députés britanniques vont devoir à nouveau voter sur l'accord conclu en novembre avec l'Union européenne.

Si sa proposition d'accord n'est pas adoptée par son parlement, le Royaume-Uni devra demander un nouveau report (peut-être jusqu'à la fin de l'année), ou bien quitter l'Union sans accord le 12 avril. Aussi, le destin du Brexit s'approche de plus en plus vers une sortie sans accord, et ce par manque de temps. Et, à l'image de ses dirigeants, la société civile se déchire sur la question au Royaume-Uni. Dans ce climat d'incertitude, une pétition en ligne demandant au gouvernement de renoncer au Brexit, déposée sur le site du Parlement, obtenait un succès fulgurant, avec plus de 3,6 millions de signatures en deux jours. Mais il demeure si profondément divisé sur le Brexit, et sur la forme qu'il doit prendre, qu'il reste pour l'instant incapable d'accoucher d'une solution ayant le soutien d'une quelconque majorité.

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