USA: la Fed devrait prolonger sa pause sur les taux d'intérêt (afp)

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Dans un communiqué, le Comité monétaire souligne que l'expansion de l'activité économique de la première économie mondiale "a ralenti" par rapport au 4e trimestre et les "récents indicateurs mettent en avant une croissance plus faible des dépenses des ménages et des investissements des entreprises".

La Banque centrale américaine (Fed) devrait laisser ses taux d'intérêt inchangés mercredi après avoir promis qu'elle serait "patiente", mais ce sont ses nouvelles prévisions économiques qui vont attirer l'attention des marchés.

Elle a réduit ses prévisions économiques: cette année, elle prévoit une croissance du PIB (produit intérieur brut) des Etats-Unis de 2,1%, contre 2,3% prévus en décembre; en 2020, la croissance devrait fléchir à 1,9%, alors que la Fed tablait encore sur 2% à la fin de l'année dernière.

Elle observe que " globalement, l'inflation a ralenti sur douze mois, essentiellement en raison d'une baisse des prix de l'énergie", notamment de l'essence.

La Fed n'évoque en outre plus la nécessité de faire monter les taux à un niveau "restrictif" pour prévenir une accélération de l'inflation, qui reste inférieure à son objectif de 2%.

"C'est un très bon moment pour être patient", a-t-il ajouté.

Ce changement d'approche plus drastique que ne l'anticipaient de nombreux analystes et résolument "colombe", c'est-à-dire très accommodant, reflète l'attitude prudente de la banque centrale vis-à-vis de l'évolution de la conjoncture.

S'agissant des événements à l'international, la Fed a en tête la difficile sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit) ou encore les tensions commerciales entre les États-Unis et ses partenaires Chine et Union européenne en tête.

En 2018, elle avait relevé quatre fois les taux.

Le dollar chutait face à la devise européenne mercredi après l'annonce de ce virage net de la Fed par rapport à ses précédentes anticipations.

Les économistes concentreront leur attention sur les prévisions de la Banque centrale pour la croissance et l'inflation, et surtout sur les projections moyennes des taux d'intérêt pour cette année et l'année prochaine. La hausse des prix n'était que de 1,5% sur un an en février, selon l'indice CPI, loin de la cible des 2% que la Fed estime bénéfique pour l'économie.

L'affaiblissement de la croissance mondiale, particulièrement en Chine et en Europe, pousse aussi la Réserve fédérale à la prudence.

L'administration Trump est beaucoup plus optimiste, misant sur 3,2% cette année et 3% pour les dix ans à venir, a affirmé mardi Kevin Hassett, économiste de la Maison Blanche. Jerome Powell, qui s'est constamment refusé à réagir aux critiques de l'hôte de la Maison-Blanche, insiste régulièrement sur le fait que la Fed reste " apolitique " et ne prend ses décisions que sur la base des données économiques. Sur le front de l'emploi, la Banque centrale prévoit une remontée du chômage à 3,7 % cette année après 3,5 % en 2018.

WASHINGTON, 20 mars (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a franchi mercredi un grand pas vers la fin du cycle de resserrement de sa politique monétaire engagé fin 2015 en laissant entendre qu'elle ne relèverait pas les taux cette année et en annonçant qu'elle arrêterait de réduire son bilan en septembre.

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