Les forces de l’ordre rejoignent les manifestants — Algérie

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Des milliers de personnes sont rassemblées sur le parvis de la Grande-Poste, pour demander le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, en ce vendredi test pour la 4e semaine de mobilisation en Algérie, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit du 4e vendredi consécutif de contestation massive contre le chef de l'Etat algérien, qui a annoncé lundi le report de l'élection présidentielle prévue le 18 avril. La mobilisation semble similaire à celle du vendredi précédent, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.

A Alger, où règne une ambiance festive, hommes, femmes et enfants marchent en début d'après-midi dans les avenues, rues et ruelles sinueuses et parfois escarpées, autour du carrefour de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du coeur de la capitale.

Agé de 82 ans, Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui l'empêchent de s'adresser aux Algériens depuis 2013 et rendent ses apparitions publiques rares.

Cette annonce prolonge de facto son mandat, au-delà de son expiration le 28 avril.

"Ce n'est pas à lui [Jean-Yves Le Drian] de nous dire si les Algériens doivent accepter un chef de l'État octogénaire pendant que lui donne à son pays un quarantenaire flambant neuf."
Ou encore: "Quand on dit +non au 5e mandat+, il (Bouteflika) nous dit +on garde le 4e, alors+".

Comme les semaines précédentes, le drapeau national -vert et blanc, frappé du croissant et de l'étoile rouges- est brandi par les manifestants et déployé aux balcons des immeubles.

"Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter", peut-on lire sur une autre pancarte, en référence aux efforts déployés toute la semaine par le pouvoir pour tenter de convaincre la rue qu'elle a été entendue.

En manifestant en nombre mardi et mercredi, les étudiants, enseignants, lycéens ont déjà fait savoir clairement qu'ils estimaient que le message de la rue n'était pas passé. Les photos émouvantes des manifestations ont été massivement partagées sur les réseaux sociaux et ont fait les Unes de plusieurs journaux, partout dans le monde.

Cependant, aucune proposition de sortie de crise n'a été concrètement formulée, soit de la part du régime qui s'entête dans ses propositions de conférence nationale inclusive et une période de transition attribuées au président Bouteflika qu'il propose de gérer lui-même, en nommant un nouveau premier ministre Noureddine Bedoui et un vice-premier ministre Ramtane Lamamra pour diriger cette période et, dont la dernière sortie médiatique a démontré que les deux hommes mêmes n'y croient pas à cette solution. Au lieu d'apaiser la colère, vive mais toujours pacifique, elle a semblé au contraire la renforcer.

Sur Twitter, un internaute a remercié ironiquement MM.

Avec l'annonce faite ce 14 mars par le Premier ministre algérien, Noureddine Bedoui, promettant un nouveau gouvernement composé de technocrates jeunes, sans oublier la représentation des femmes, le dessinateur algérien Dilem s'est laissé aller à imaginer un Emmanuel Macron à la communication au sein de ce cabinet ministériel providentiel! Vendredi "c'est la conférence de presse du peuple", a écrit un autre.

"C'est le peuple qui choisit, pas la France", indique une grande banderole.

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