Le 18e samedi de mobilisation déjà émaillé de heurts — Gilets jaunes

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Le Premier ministre a dit sa "très grande colère " face aux violences et a jugé que "ceux qui excusent, qui encouragent " se rendent "complices " des casseurs. Ma consigne au @prefpolice: "répondre avec la plus grande fermeté à ces attaques inadmissibles", a tweeté le ministre de l'Intérieur.

Sur la place de l'Etoile, des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche sur la tête, masque de protection, lançaient des pavés sur les forces de l'ordre qui répliquent par des tirs de gaz lacrymogènes.

L'avenue des Champs-Élysées a été le spectacle ayant vu plusieurs magasins saccagés, comme celui de la marque Hugo Boss, et des feux déclarés sur la voie. Emmanuel Macron a déclaré qu'il voulait "dans les meilleurs délais des décisions fortes, complémentaires pour que cela n'advienne plus ".

Selon les chiffres officiels, contestés par les "gilets jaunes", ils étaient 28.600 manifestants en France samedi dernier, soit dix fois moins qu'au début du mouvement.

Dans l'après-midi, 94 personnes avaient été interpellées et 46 placées en garde à vue. Une banque a notamment été incendiée avenue Roosevelt, et une femme et son bébé ont été sauvés des flammes par l'arrivée des pompiers.

D'après la préfecture de police, 17 membres des forces de l'ordre ont été blessées ainsi qu'un pompier et 42 manifestants. Un journaliste de l'AFP a pu voir l'un d'entre eux, victime selon les street medics d'un tir de flashball dans l'œil.

Edouard Philippe Emmanuel Macron et Christophe Castaner lors de la réunion de crise ce samedi soir à Paris
Emmanuel Macron samedi 16 mars au soir à la cellule de crise du ministère de l'Intérieur

La chef du Rassemblement national, Marine Le Pen a condamné "les Black Blocs" qui "détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité".

"On attend les Toulousains avec impatience, les Bordelais, les Marseillais, les Rouennais.", a lancé Eric Drouet, un chauffeur routier de la région parisienne, évoquant même le renfort de sympathisants venus d'Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne. "Cela faisait longtemps que [de tels incidents] n'étaient pas arrivés en marge des manifestations", raconte Vincent Touraine, le collaborateur de Radio-Canada à Paris, qui a constaté une plus importante concentration de gilets jaunes que lors des derniers samedis.

"L'Élysée, l'Élysée", criaient certains manifestants sur l'avenue, en référence à la résidence du président Emmanuel Macron située non loin de là.

Sur les Champs-Elysées, complètement bouclés, kiosque incendiés, abri-bus détruits et les vitrines en miettes dessinent un paysage de désolation. Depuis maintenant quatre mois, les gilets jaunes manifestent tous les samedis contre les politiques fiscale et sociale du gouvernement.

"On a été trop gentils, c'est pour ça que c'est violent aujourd'hui", dénonçait Jean-François Bernard, un manifestant employé dans l'entretien d'espaces verts.

Parallèlement plusieurs dizaines de milliers de manifestants pour le climat ont défilé dans le calme à travers la France à l'appel de la "Marche du siècle".

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