Syrie : La France n'a pas l'intention de rapatrier les enfants de djihadistes

Share

Après avoir passé plusieurs années en Syrie, les trois petits-enfants de Lydie et Patrice Maninchedda, habitants de Libercourt, ont été rapatriés en France.

Les 3 enfants de 1,3, et 5 ans ont été remis en charge par les autorités judiciaires et pris en charge médicalement et psychologiquement. L'opération pourrait être renouvelée dans un avenir proche si d'autres enfants ayant perdu leurs parents se retrouvaient dans une situation similaire. Ces enfants, les premiers à être rapatriés de Syrie, étaient dans des familles d'accueil ou des camps, tous orphelins au moins de mère même si l'incertitude subsiste sur le sort de certains pères, selon une source diplomatique. Selon la ministre française de la Justice, Nicole Belloubet, la majorité des ressortissants français détenus dans des camps du Kurdistan syrien - environ 150 selon des sources françaises - seraient des enfants.

L'AFP avait rencontré ces enfants le mois dernier, dans le froid et la boue du camp de déplacés d'Al-Hol. En Syrie, ces enfants " ne sont pas sous l'autorité du gouvernement français, des soldats français. Ils sont rentrés à bord d'un avion de l'armée de l'air française.

Mercredi, Emmanuel Macron a ainsi évoqué depuis Nairobi "une approche humanitaire", "au cas par cas (.) menée, en particulier en lien avec la Croix-Rouge internationale".

En France, pays occidental le plus touché par les attentats perpétrés au nom du groupe État islamique (EI), le sujet est sensible. Les autorités françaises ont remercié les Forces démocratiques syriennes pour leur coopération.

Parallèlement, deux familles ont saisi la justice administrative pour qu'elle contraigne l'État français à rapatrier des enfants "en péril".

"Les FDS (Forces démocratiques syriennes) ont fait le choix que les enfants restent avec leur mère donc pour l'instant il n'y a pas de retour envisagé", a déclaré le secrétaire d'État à l'Intérieur lors d'une audition de la commission des Affaires européennes de l'Assemblée.

Les familles françaises de djihadistes et de leurs compagnes appellent, elles, au retour de leurs enfants, pour les juger en France, en sus de leur action en faveur de leurs petits-enfants au titre de la protection de l'enfance. Quant aux adultes dont les parents réclamaient leur jugement en France, le président Macron est clair sur la question et a répondu mercredi à leurs parents que "ceux-ci doivent être jugés sur le territoire où ils ont commis leurs crimes " soit en Syrie.

Share