"Mon bébé" : quand les enfants quittent le nid

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Une comédie feel good à aller voir absolument. Cela se ressent et tire le film vers le haut. Autrice de L.O.L. et de sa non moins dispensable adaptation américaine, Lisa Azuelos poursuit, dans Mon bébé, l'exploration des relations mère-fille. Elle improvise, rigole comme si elle ne jouait pas, joue comme si c'était elle et la caméra tourne sans couper.

Si le film démarre d'assez croustillante façon, boosté par l'aplomb de Sandrine Kiberlain, celle-ci ne peut rien face au néant abyssal d'un scénario cruellement dénué d'enjeu, sans même parler de l'absence d'une quelconque idée de cinéma. Mis en musique par la douceur de Yael Naim, la sensibilité et l'humour qui s'en dégagent font de cette comédie mature un vrai moment de tendresse et de vérité. Mère séparée de trois enfants, Héloïse (Sandrine Kiberlain) vit un amour filial fusionnel avec sa cadette de 18 ans, Jade (Thaïs Alessandrin), qui s'apprête à passer son bac et à partir à Montréal pour poursuivre ses études. Le long-métrage soulève notamment une question: comment se réapproprier sa vie, quand on a fait couple avec ses enfants pendant tant d'années? En cherchant à exorciser son propre “syndrome du nid vide“, la cinéaste a conçu un portrait de parent — pas seulement de mère ni de femme — dans lequel beaucoup pourront se retrouver: égarée dans lincertitude du quotidien, redoutant le lendemain, son héroïne tente demmagasiner (avec son téléphone) le plus dimages dun présent quelle sait volatil. Indicateur et révélateur d'une société en mouvement et d'une jeunesse qui bouge comme La Boum a pu l'être en 1980, le film de Lisa Azuelos est une franche réussite.

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