Boeing donne son aval à la suspension de tous les 737 MAX

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Le 10 mars, un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, avec à son bord 157 personnes, s'est écrasé au sud-est d'Addis-Abeba, sans laisser de survivants.

"Compte tenu de ces circonstances, et bien que l'enquête n'ait révélé aucune cause à ce stade, convaincue que des investigations complémentaires doivent être effectuées par les autorités de certification de ce type d'avion pour s'assurer de leur navigabilité", l'Anac a réitéré sa décision de suspendre le survol de son espace aérien et l'atterrissage sur son territoire, de tous les avions Boeing 737 Max. Yann Cochennec est le rédacteur en chef de l'hebdomadaire français Air et Cosmos. Il a été sollicité par les autorités éthiopiennes qui dirigent l'enquête sur l'accident, parce que ces dernières ne sont pas équipées pour examiner ces boîtes obéissant à une technologie très récente, comme l'avion qu'elles équipent.

Deux boîtes noires, contenant l'enregistreur de données de vol d'une part - apparaissant sur la photo du BEA - et l'enregistreur de voix du poste de pilotage d'autre part ont été remises jeudi à cette agence. Leur décryptage, ainsi que l'interprétation de leurs données, demande une grande expertise.

Les boîtes noires ont été "endommagées" pendant l'accident, le Boeing d'Ethiopian Airlines ayant été pulvérisé à l'impact, selon Dan Elwell, responsable par intérim de la FAA, le régulateur aérien américain.

D'après les estimations des analystes financiers, ce correctif reviendrait à environ deux millions de dollars par appareil, soit une facture de moins d'un milliard au vu du nombre de 737 MAX en circulation, 371 unités selon Boeing.

Une similitude avec l'écrasement de Lion Air en octobre dernier qui avait fait 189 morts. Il se rallie ainsi au consensus international sur ce nouvel avion du constructeur américain.

"Nous allons décréter en urgence l'interdiction de tous les vols des 737 MAX 8 et 737 MAX 9", a déclaré Donald Trump depuis la Maison Blanche.

American Airlines, qui exploite 24 exemplaires du 737 MAX 8, a choisi d'actualiser elle-même le logiciel, a dit à l'AFP une des sources. La question de la durée de l'immobilisation se pose, alors que le modèle représente environ 78 % du carnet de commandes de l'avionneur (5 826 avions actuellement). Le Brésil, le Chili, le Mexique, le Costa Rica et le Panama ont pris la même mesure mercredi, après l'Union européenne, la Chine et de nombreux autres pays depuis dimanche.

L'une des hypothèses, pour expliquer ces crashs, pointe vers une défaillance du système de stabilisation en vol, destiné à éviter un décrochage de l'avion. Les deux appareils ont connu des montées et des descentes irrégulières juste après avoir décollé.

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