Reddition de centaines de djihadistes à Baghouz — Syrie

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"L'opération a de nouveau ralenti" en raison de la "sortie et de la reddition de certains combattants et civils", a indiqué à l'AFP le chef d'une unité des Forces démocratiques syrienne (FDS) Aras Orkeich. "Trois femmes Yazidies et quatre enfants ont également été secourus", a écrit sur Twitter Mustefa Bali, un porte-parole des FDS.

Du "califat" autoproclamé en 2014 sur de larges pans de territoires à cheval entre la Syrie et l'Irak, il ne reste aujourd'hui aux djihadistes de Daesh qu'un tout petit secteur du village de Baghouz où sont dressées des tentes, près de la frontière irakienne.

"Dix raids aériens ont visé des points de rassemblement des jihadistes et leurs fortifications", est-il précisé dans le communiqué des FDS.

Les FDS sont engagées depuis décembre dans une offensive décisive contre l'EI.

Si les combats au sol ont pratiquement cessé au cours de la semaine écoulée, les frappes aériennes ciblées se sont poursuivies par intermittence sur l'ultime bastion des jihadistes, situé dans la province orientale de Deir Ezzor.

Après le départ de milliers de civils la semaine dernière, les FDS ne laissent plus la presse accéder aux civils qui sortent depuis la reprise de l'offensive, dimanche soir.

La défaite de l'organisation jihadiste à Baghouz signerait la fin territoriale de son "califat" mais le groupe a déjà entamé sa mue en organisation clandestine.

Depuis une position des FDS dans Baghouz, des tirs d'artillerie se faisaient entendre, un nuage de fumée noire se dégageant à l'horizon, souvent suivis par des salves de tirs de mitrailleuses, a constaté une équipe de l'AFP sur place.

Mais les jusqu'au-boutistes s'accrochent et opposent une résistance féroce, se cachant sous terre pour éviter les bombardements et lançant des kamikazes pour stopper la progression des forces antijihadistes. Les "capacités" de l'EI "sont gravement détruites", a-t-il ajouté.

Si le nombre exact de djihadistes encore retranchés est inconnu, les FDS estiment qu'il reste "entre 1.000 et 1.500" combattants à l'intérieur du réduit, selon leur porte-parole. Et cette tactique semble porter ses fruits.

Près de 59 000 personnes ont déjà été évacuées de l'ultime poche jihadiste depuis décembre, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La plupart d'entre elles ont été transférées vers le camp de déplacés d'Al-Hol (nord-est), où s'entassent plus de 65.000 personnes.

Depuis décembre, environ 113 personnes (dont les deux tiers sont des enfants de moins de cinq ans) sont décédées en route vers le camp ou peu de temps après leur arrivée, a indiqué l'organisation onusienne.

"Un financement urgent est nécessaire et des lacunes subsistent au niveau de la livraison d'abris et d'eau (.) et des services de santé", a déploré mardi auprès de l'AFP Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).

Après une nouvelle suspension pour permettre l'évacuation de dizaines de milliers de personnes de l'enclave de Baghouz, l'assaut décisif contre l'ultime poche de l'organisation État islamique (OEI) en Syrie a repris. Ses combattants sont disséminés dans le désert syrien et parviennent à mener des attentats meurtriers.

La bataille contre l'EI est un des principaux fronts de la guerre en Syrie qui a tué plus de 360.000 personnes et déplacé plusieurs millions d'autres depuis 2011.

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