Les deux mises en examen maintenues — Tariq Ramadan

Share

La cour d'appel de Paris a décidé de maintenir les deux mises en examen de l'islamologue suisse Tariq Ramadan pour viols, jeudi.

Avant même la décision de la cour d'appel, l'avocat de Christelle estimait que ce recours était "une requête destinée plus à rassurer les derniers soutiens de Tariq Ramadan qu'à convaincre les juges". Le célèbre intellectuel musulman est inculpé depuis le 2 février 2018 pour deux viols, dont un sur personne vulnérable, ce qu'il conteste fermement. Jusqu'à une volte-face retentissante en octobre, après neuf mois de détention provisoire, Tariq Ramadan, 56 ans, avait persisté à nier tout rapport sexuel avec ces deux plaignantes.

Mais entre-temps, la donne a changé.

"Même dans les moments de fougue et de domination, un non c'était un non", s'était-il défendu lorsqu'il avait reconnu en octobre devant les juges d'instruction une relation consentie avec chacune de ses accusatrices.

La position de l'islamologue était devenue intenable depuis la révélation en septembre de centaines de SMS sans ambiguïté exhumés d'un vieux téléphone de Christelle.

La faveur n'a pas été du côté de Tariq Ramadan.

Les magistrats qui se sont prononcés ce jeudi sont ceux qui avaient, à la surprise générale, remis en liberté Tariq Ramadan mi-novembre, après cette volte-face.

En premier lieu, la datation d'un SMS de Christelle, où elle écrit que Tariq Ramadan lui a "manqué" dès qu'elle a "passé la porte", est au cœur des débats.

Des messages de Henda Ayari, envoyés après la date des faits, ont également été analysés. Ils contiennent des propositions sexuelles mais également des reproches de violences et de manipulation.

"La décision de la cour d'appel, dont on ne connaît pas encore la motivation, n'efface pas les mensonges démontrés des parties civiles, puisque les investigations ont démontré que les relations qu'elles ont eues avec M. Ramadan étaient voulues et pleinement consenties", a pour sa part réagi auprès l'AFP Me Emmanuel Marsigny, avocat de la défense.

Depuis leur plainte initiale, Henda Ayari et Christelle ont décrit de manière constante des rapports brutaux au moment de leur unique rencontre avec M. Ramadan. Toutes deux ont aussi invoqué l'emprise exercée par l'islamologue, par des mensonges, des manipulations et des menaces, corroborées par des témoignages d'autres femmes. Cependant, il a été mis en examen le 02 février 2018 pour ces actes sexuels. Il est soumis à un contrôle judiciaire très strict, l'obligeant ainsi à pointer une fois par semaine au commissariat de Saint-Denis et lui interdisant de quitter le territoire français.

Le prédicateur, qui souffre d'une sclérose en plaques, a dû verser une caution préalable de 300 000 euros et remettre son passeport suisse.

Share