Rejet d'un nouvel accord, Theresa May en échec — Brexit

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Ils ont voté mercredi soir en ce sens, largement, par 321 voix contre 278. Si cette variante est aussi rejetée, la Chambre des communes se penchera jeudi sur le report du Brexit à plus tard.

S'il est rejeté, "le Parlement votera pour une extension (de l'article 50, qui fixe au 29 mars la date du Brexit, ndlr), et l'extension entraînera un report, davantage de confusion, et un risque majeur qu'il n'y ait pas de Brexit du tout".

L'accord remanié a été écarté parce que des députés déplorent la perte de souveraineté qu'entraînerait l'installation d'un " filet de sécurité " (backstop), un dispositif de dernier recours visant à empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord, province britannique, et la République d'Irlande, pays membre de l'UE.

"L'impasse peut uniquement être surmontée par le Royaume-Uni", a déclaré le négociateur de l'UE pour le Brexit Michel Barnier, ajoutant que les préparatifs de l'UE en cas de divorce sans accord "étaient maintenant plus importants que jamais". Quel cheminement vont-ils prendre? Du coté des 27, personne ne s'est encore exprimé sur cette question. "Nous en aurons besoin avant une décision sur une possible extension".

"Je regrette profondément la décision que cette Chambre a prise", a-t-elle déclaré immédiatement après le vote, l'air fatigué et la voix enrouée, comme une métaphore des difficultés qu'elle rencontre dans ce processus d'une incroyable complexité, né du vote des Britanniques en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016. Ou plus exactement, à donner aux Européens la possibilité de faire semblant qu'ils sont convaincus. Le pire scénario pour Bruxelles serait de voir d'autres pays vouloir eux aussi quitter l'Union européenne pour ne bénéficier que des avantages, en mode "self-service".

La stratégie de la confrontation avec l'UE était plus ou moins celle choisie par May au début du Brexit. Face à ce nouveau point d'interrogation symbolisé par ce "no" des députés britanniques, l'UE n'est pas restée de marbre. Et c'est d'autant plus compliqué qu'ils ne le savent pas eux-mêmes.

Le président français Emmanuel Macron a rappelé mercredi que l'accord de retrait conclu entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sur le Brexit n'était "pas négociable" et a invité les dirigeants britanniques à sortir "de l'impasse". "Jusqu'à présent, cela ne semble pas être le cas", souligne-t-il, interrogé par l'AFP. "Leur accord, celui de la Première ministre, est clairement mort", a dit le chef de l'opposition Jeremy Corbyn après le vote. Son inflexibilité, ainsi que la dénonciation d'un antisémitisme diffus au sein du parti, avaient d'ailleurs conduit au départ de sept députés travaillistes du groupe en février 2019.

Ce nouveau référendum ne garantirait pas une victoire du maintien dans l'UE, et pourrait avoir des conséquences collatérales très dommageables sur l'équilibre parlementaire historique. Les Britanniques sont vent debout contre cette solution qui pourrait compromettre la continuité territoriale du Royaume-Uni.

"Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pourquoi faire (.) Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu'il n'était pas renégociable", a-t-il prévenu.

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