Italie : Des suspects de viol blanchis car la victime était "moche"

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"Mais les magistrates avaient décidé qu'il n'était " pas possible d'exclure la possibilité " que la victime présumée " ait organisé la soirée "exubérante" ". Celui-ci expliquait les raisons de l'acquittement de deux hommes, des Péruviens, qui avaient pourtant été reconnus coupables en 2016 du viol d'une Péruvienne de 22 ans en 2015. D'abord condamnés, ils avaient été acquittés par la cour d'appel d'Ancône, en 2017.

La décision rédigée des juges contient même un passage, écrit le Guardian, disant que "l'histoire de cette femme ne peut être suffisamment crédible car elle ressemble à un homme, et donc, n'est pas attirante". L'un des hommes a dit avoir enregistré le numéro de téléphone de l'intéressée avec le surnom "Viking". "La photographie de son dossier semble confirmer cela ", avaient-elles ajouté. Elle a par ailleurs demandé qu'un nouveau procès ait lieu, cette fois dans la juridiction de Pérouse.

Des associations de défense des droits des femmes se sont mobilisées ce lundi devant la cour d'appel d'Ancône, en Italie, pour dénoncer un jugement prononcé par trois de ses magistrates en 2017, mais qui n'a été rendu public que le 8 mars dernier, à l'occasion de la Journée internationale pour les Droits des femmes.

Deux hommes ont été disculpés de viol en Italie après que les juges ont considéré que leur victime était " trop masculine " et "trop peu attrayante pour être prise pour cible " par les deux individus".

Un jugement qualifié de "médiéval" par Luisa Rizzitelli, porte-parole du mouvement Rebel Network, qui a mobilisé les manifestants à Ancône. L'avocate de la victime réaffirme aujourd'hui dans les colonnes du "Guardian " que les deux hommes auraient drogué sa cliente, en déposant une substance illicite dans son verre. En attendant, la victime est retournée au Pérou. À l'époque, les médecins avaient déclaré que "ses blessures correspondaient à un viol, et que ses analyses sanguines présentaient de très hauts taux de benzodiazépines", les molécules contenues dans des somnifères. Un argument ouvertement misogyne mais suffisant pour convaincre le jury de blanchir les deux hommes.

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