Nouveau procès pour Bernard Tapie

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Dans le box des accusés, on retrouve l'homme d'affaires et ancien ministre Bernard Tapie, jugé avec cinq autres prévenus pour "escroquerie" et "détournements de fonds publics".

Lui qui a stoppé tout traitement médical pour se défendre au mieux, est arrivé amaigri mais l'air combatif.

"Ne racontez pas d'histoires, c'est incroyable, c'est une fiction!" a-t-il lancé, interrompant le rappel de la genèse de cette affaire par la présidente du tribunal qui le juge depuis lundi et couvrant la voix de son principal avocat.

Avant même le début de l'audience, l'ex-homme d'affaires, qui souffre d'un cancer et s'est présenté au tribunal de Paris comme exerçant la profession d'acteur - ce qu'il a aussi été - a apostrophé des journalistes assis aux premiers rangs du public.

Il est reproché à Bernard Tapie d'avoir truqué cet arbitrage, en s'assurant avec son ancien avocat Maurice Lantourne de la "partialité" d'un des trois juges arbitres, Pierre Estoup, afin d'obtenir une décision favorable.

Aux côtés de Bernard Tapie, 76 ans, comparaît le PDG d'Orange, Stéphane Richard, 57 ans, qui était alors le directeur de cabinet de la ministre de l'Economie de l'époque, Christine Lagarde, aujourd'hui directrice générale du FMI.

La procédure d'arbitrage, un règlement privé, avait été décidé peu après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, afin de mettre un terme à un vieux contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, né de la revente en 1993 de l'équipementier sportif allemand Adidas. Une fois la sentence rendue, il aurait tout fait pour que Bercy n'engage pas de recours.

Cette sentence a depuis été annulée au civil pour "fraude" et Bernard Tapie a été condamné à rembourser les sommes perçues, qui font l'objet de contestations.

Mais l'Agent judiciaire de l'Etat et le CDR demandent au tribunal de condamner solidairement les prévenus à payer 525 millions d'euros, c'est-à-dire ces 403 millions augmentés des frais de procédures, honoraires des arbitres et autres intérêts. Une absence de recours qui avait valu une condamnation à Christine Lagarde, fin 2016, pour "négligence ".

L'avenir des sociétés de Bernard Tapie, dont dépend ce remboursement, est, par ailleurs, suspendu à une décision du tribunal de commerce de Paris. Mais elle a été dispensée de peine par la Cour de justice de la République, seule habilitée à juger les ministres pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions. Saisi d'une demande de liquidation judiciaire, ce tribunal devrait renvoyer l'audience prévue également ce lundi matin. "L'enjeu, c'est de savoir si la fraude reconnue par la juridiction civile peut être qualifiée pénalement d'escroquerie ", pointe Benoît Chabert, l'avocat du Consortium de réalisation (CDR), l'organisme chargé de gérer le passif de l'ancienne banque publique, partie civile au côté de l'État.

Elle doit se poursuivre mercredi après-midi.

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