Les Français ne dorment pas assez — Sommeil

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Un temps de sommeil insuffisant qui peut mettre en péril la santé. Un "déclin" qui se fait au détriment de notre santé, alertent des médecins dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence sanitaire Santé publique France publié ce mardi. "Plus d'un tiers des Français dorment moins de 6 heures". Un seuil en-dessous duquel il existe un risque pour la santé, notamment pour le cœur. Les travailleurs de nuit dorment en moyenne une heure de moins par semaine, ce qui équivaut à 40 nuits de moins par an.

Aidez-nous à améliorer notre site en répondant à notre questionnaire. "Or, on sait par de très nombreuses études épidémiologiques que dormir moins de 6 heures est associé à un risque plus élevé d'obésité, de diabète de type 2, d'hypertension, de pathologies cardiaques et d'accidents", soulignent le spécialiste du sommeil Damien Léger et le directeur général de Santé publique France, François Bourdillon, dans l'étude.

L'une des causes de ce déclin "préoccupant" du temps de sommeil, qui se répand partout dans le monde, est le travail de nuit. Le prix du logement des mégapoles nous oblige à vivre de plus en plus loin de notre lieu de travail; de même "pour les habitants des zones rurales de plus en plus éloignés des centres de vie active et qui conduisent entre deux et trois heures par jour, rentrant de plus en plus tard, partant de plus en plus tôt et grignotant sur leur temps de sommeil". Ce manque de sommeil conduit à une réduction de la vigilance dans la journée, à une augmentation de l'irritabilité, à la perturbations des relations familiales et à une dégradation de la vie sociale et au travail. La première est l'insomnie chronique, qui touche 13,1% des 18-75 ans, dont 16,9% des femmes et 9,1% des hommes. En France, le nombre de travailleurs nocturnes habituels et occasionnels est passé de 3,3 millions, soit 15% des actifs, en 1990, à 4,3 millions (16,3% des actifs) en 2013.

"Enfin, une étude pointe un lien entre le tabagisme et la qualité du sommeil, et suggère de l'utiliser comme un " argument nouveau " pour inciter à l'arrêt du tabac". Ainsi, "les fumeurs quotidiens, qu'ils soient peu ou fortement dépendants, sont fréquemment courts dormeurs (temps de sommeil total inférieur ou égal à 6h par 24 heures)", explique l'étude.

Le travail de nuit, en partie responsable de la dette de sommeil, n'est pas sans danger non plus. En outre, les fumeurs quotidiens fortement dépendants sont également nettement plus sujets à l'insomnie. Un rapport de l'Anses a en effet confirmé qu'il y avait davantage risques de maladies cardiovasculaires et d'accidents. Parmi elles, la promotion de la sieste (20 à 30 minutes) y compris au travail, la prise d'horaires de travail décalés et "adaptés au profil soir-matin des employés", le télétravail ou encore le recul du début des cours pour les lycéens et les étudiants.

Quand on ne souffre pas d'insomnie, on peut aussi constituer des " réserves " pour affronter des périodes de restriction (travail, examens, voyage). Sans oublier des règles simples: dormir dans l'obscurité, à une température idéale de 18°, sans sonnerie de téléphone portable...

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