Semaine décisive pour Theresa May — Brexit

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Bruxelles a mis fin aux espoirs d'un compromis sur le Brexit lundi, estimant avoir fait assez de concessions et qu'il appartenait désormais aux Britanniques de faire les pas nécessaires pour sortir ce dossier de l'impasse.

La première ministre Theresa May tiendra un vote significatif mardi au Parlement.

Des discussions techniques se sont poursuivies tout au long du week-end à Bruxelles (Belgique), sans donner lieu à aucune annonce.

"Ce soir à Strasbourg, la Première ministre (Theresa May) a obtenu des changements légalement contraignants qui renforcent et améliorent l'accord de retrait et la déclaration politique", a ainsi déclaré David Lidington.

Les députés britanniques auront bien à se prononcer ce mardi sur un accord de Brexit amélioré.

L'accord est "dans le pétrin, vraiment dans le pétrin", commentait la BBC.

En fin de matinée, un porte-parole de la dirigeante conservatrice a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention, "pour le moment", de se rendre à Bruxelles lundi pour finaliser d'éventuelles modifications de dernière minute.

En l'absence de résultat tangible dans les discussions, les spéculations allaient bon train dans la capitale britannique.

Dans la droite ligne des propositions de Michel Barnier datant de vendredi dernier, le texte lui-même répond à la demande de Londres de ne pas rester enfermé éternellement dans le " backstop " irlandais. Dans ces circonstances, "il est inévitable que cet accord de retrait inchangé soit rejeté une nouvelle fois", ont prédit dans la presse le député conservateur Steve Baker et son collègue Nigel Dodds, du petit parti nord-irlandais DUP, allié de Mme May au Parlement.

"Le premier confirme que l'UE ne pourra pas piéger le Royaume-Uni dans le filet de sécurité indéfiniment", a précisé le dirigeant britannique, en référence au dispositif qui prévoit le maintien, en dernier recours, du Royaume-Uni dans une union douanière pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

En supposant que le Parlement se prononce en faveur d'une demande de report du Brexit, le marché se concentrera désormais sur le sommet de l'UE du 21 mars, puisque les 27 européens devront à leur tour donner leur accord ou non de cette demande. Censé quitter l'Ue le 29 mars, le Royaume-Uni est en plein flou quant à la forme que prendra ce divorce historique.

Quid en cas de rejet de tous les votes?

Si les députés refusent l'option du no-deal, ils voteront jeudi sur une proposition de report "limité" du Brexit, au-delà du 29 mars.

Les Européens n'accepteront pas "d'avancer à l'aveugle", leur position sera fonction "de la durée et de la finalité de l'extension demandée", estime un diplomate. Un report pourrait aussi coûter cher au Royaume-Uni, le quotidien "The Daily Telegraph" évoquant une facture de plus d'un milliard de livres par mois.

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