Calvitie : des hommes portent plainte pour dénoncer les effets secondaires d’un médicament

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Produit par le laboratoire MSD, le Propecia est un médicament contre la calvitie qui contient du finastéride. Il bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché européen, et, pour l'heure, l'Union européenne considère que ce médicament a une balance bénéfice-risque favorable, y compris dans le traitement de la calvitie. Des effets secondaires irréversibles qui ne sont pas annoncés dans la notice.

"Nous allons lancer trois procédures judiciaires individuelles pour trois victimes du finastéride", a déclaré lundi 11 mars à franceinfo Charles-Joseph Oudin, avocat des victimes dans le dossier du Propecia (aussi appelé finastéride), confirmant une information de nos confrères d'Europe 1. D'après l'UFC, il a d'abord été utilisé dans le traitement de l'hypertrophie bénigne de la prostate, avant d'être proposé, dès 1999, chez l'homme jeune pour traiter la calvitie. Selon les victimes présumées, ce médicament possède des effets secondaires graves.

Des hommes ont décidé de saisir la justice pour dénoncer un "défaut d'information" d'un traitement pour lutter contre la perte de cheveux. Chaque année, la réévaluation de l'équilibre bénéfices-risques est ainsi réalisée au niveau de l'Europe. En France, pourtant, l'Agence du médicament (ANSM) a publié à deux reprises, en 2012 et 2017, une mise en garde sur les troubles sexuels. Plus encore, nombreux hommes ne savent même pas que leurs problèmes sont dus à ce médicament.

Elle avait également indiqué qu'il était "possible d'observer une persistance de troubles sexuels après l'arrêt d'un traitement par finastéride", dont "une diminution de la libido, de troubles de l'érection et de troubles de l'éjaculation". L'Agence conseillait de stopper tout traitement en cas de symptômes. Enfin en février dernier, un courrier a été envoyé à tous les médecins prescripteurs.

Ils considèrent également que MSD a tardé à alerter sur ces effets secondaires, notamment leur caractère irréversible. "C'est ce qui doit appeler de leur part une indemnisation", a-t-il signifié en précisant avoir déjà en main une dizaine de dossiers et 70 autres en cours. Pas étonnant qu'en France, on estime que le Propencia est prescrit à 30.000 hommes chaque année. Cela ne serait pas suffisant pour les avocats des parties civiles, rendez-vous au tribunal de Nanterre en avril pour la première audience.

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