Taxe carbone : 86 députés plaident pour le retour de la hausse

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"Pour nous, la fiscalité carbone n'est pas un dogme, pas plus qu'un marqueur politique", assurent les signataires, parmi lesquels figurent le rapporteur du Budget Joël Giraud (LREM), la présidente de la commission du Développement durable Barbara Pompili (LREM), mais aussi Erwan Balanant (MoDem), Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir), Guillaume Garot (PS) ou Bertrand Pancher (Libertés et Territoires).

"Beaucoup de nos concitoyens sont convaincus que la fiscalité carbone n'est qu'un prétexte pour faire payer toujours plus les Français, pour augmenter sans cesse les dépenses publiques dont ils ne perçoivent plus les bénéfices", constatent les députés.

Aussi veulent-ils "continuer le débat entamé avec les citoyens dans le cadre du grand débat national", pour construire "une fiscalité qui soit à la fois écologique, juste et lisible".

Après plusieurs semaines d'inflexibilité, le gouvernement a annulé en décembre l'augmentation de la taxe carbone qui devait représenter 2,9 centimes par litre d'essence et 6,5 centimes par litre de diesel à compter du 1er janvier. Objectif: tenter de calmer la colère des gilets jaunes.

" C'est pas forcément une taxe en plus, ça peut être une fiscalité différenciée, ça peut être des bonus-malus, des baisses de taxes par exemple sur les transports en commun, par exemple sur la réparation de vélos ou d'autres modes de déplacement alternatif à la voiture et tout ce qui peut favoriser les comportements qui vont dans le sens de la transition". Or, dans ce texte transpartisan, les parlementaires demandent à ne pas abandonner cette taxe carbone et à travailler à un nouveau contrat entre l'État et les citoyens.

"On sait que c'est cette taxe carbone qui a été à l'initiative du mouvement des 'Gilets jaunes', je trouve que ce n'est pas très prudent", a commenté le maire de Nice Les Républicains (LR), Christian Estrosi, sur Public Sénat.

" Vous imaginez que la première réponse à un mouvement qui est parti de cela soit de réintroduire la taxe?" Je pense qu'il n'y a pas un Français qui va se dire qu'on va leur écrire cette histoire-là.

"Aucune taxe ne peut remettre en cause l'unité nationale", avait alors jugé le Premier ministre, sans exclure formellement son éventuel retour à l'issue du grand débat national. "C'est comme le cheval: quand vous tombez, il faut remonter tout de suite, sinon vous en aurez peur toute votre vie", justifie une source ministérielle favorable au rétablissement de la fiscalité carbone. " La transition écologique n'attend pas, et nous ne devons ni la suspendre ni la freiner; nous devons l'accélérer".

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