Percée au Congrès pour éviter un nouveau "shutdown" — Etats-Unis

Share

Le 25 janvier, après plus d'un mois de paralysie partielle touchant quelque 800 000 fonctionnaires, un accord avait été trouvé pour mettre fin au plus long " shutdown " de l'histoire des États-Unis - plus d'un mois -, mais il ne prévoyait un financement des services fédéraux concernés que jusqu'à vendredi, le 15 février.

"Washington DC, mardi 12 février 2019 ((rezonodwes.com))-" La Maison Blanche a été consultée tout du long", a indiqué à la presse le sénateur républicain Richard Shelby, président du Comité des crédits du Sénat américain.

Face à un Congrès divisé entre démocrates et républicains, toute loi budgétaire devra faire l'objet d'un compromis.

Lundi soir, des négociateurs républicains et démocrates sont parvenus à un accord budgétaire de principe, mais ce compromis est éreinté par les ultraconservateurs. Le compromis prévoit 1,3 milliard de dollars pour des barrières aux frontières, loin des exigences initiales de la Maison-Blanche.

Après 35 jours de bras de fer avec les démocrates, le milliardaire a déjà cédé une fois fin janvier en signant la loi budgétaire temporaire qui est valide jusqu'à vendredi, et qui ne comprend pas de financement pour le mur.

Un jeu sémantique qui n'est pas anodin puisque renoncer à son "mur" reviendrait, pour Donald Trump, à perdre la face devant sa base électorale sur sa grande promesse de campagne présidentielle en 2016, alors qu'il vise sa réélection en 2020. Devant ses partisans lundi soir, à El Paso, ville-frontière du Texas, Donald Trump a lancé un nouveau slogan pour 2020: "Finissez le mur!".

Le chef républicain du Sénat Mitch McConnell semble favorable à cet accord, saluant son annonce comme une "bonne nouvelle" mardi matin dans l'hémicycle.

"Il n'y a pas tout ce que le président espérait obtenir, mais c'est un pas dans la bonne direction. Personne parmi les forces de l'ordre n'est intervenu avant, pendant ou après l'agression", a-t-il ajouté.

Ses mots sont importants puisque M. McConnell avait refusé, pendant toute la durée de la fermeture partielle du gouvernement, de soumettre toute loi à un vote sans l'assurance que Donald Trump la signerait.

Un texte de compromis avait en effet été approuvé au Sénat en décembre, apparemment avec la garantie qu'il satisfaisait Donald Trump, jusqu'à ce que les voix indignées d'ultraconservateurs poussent le président à faire volte-face. Or, ces mêmes personnalités n'apprécient pas du tout l'accord annoncé lundi soir. "Nous ne voulons pas en arriver là, mais cette option est toujours ouverte pour le président et le restera", a déclaré sur Fox News le secrétaire général de la Maison Blanche par intérim, Mick Mulvaney.

Cet accord " n'est pas une tentative sérieuse de sécuriser notre frontière ou d'arrêter le flot d'immigration illégale", a jugé pour sa part l'élu de la Chambre, Mark Meadows, membre influent du Tea Party.

En plus de financements additionnels à l'origine encore incertaine, le républicain se réserve une autre possible porte de sortie. Et que le pétulant président est un habitué des retournements inattendus.

Depuis plusieurs semaines, la Maison-Blanche brandit la menace d'un recours à une procédure d'urgence exceptionnelle pour débloquer les fonds nécessaires sans passer par le Congrès.

Conscient qu'une telle initiative, qui ne fait pas l'unanimité dans son camp, ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire, Donald Trump s'est jusqu'ici gardé de franchir le pas.

Share