Tomi Ungerer n'était pas que dessinateur pour enfants, la preuve

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"C'était un génie universel, un homme qui était doué en tout, il aimait la littérature. C'est son épouse qui m'a appelé ce (samedi) matin au téléphone", a dit à l'AFP Robert Walter, un ami "depuis 35 ans" et son ancien conseiller. Il se définissait comme un "sans-bacho", s'étant "élevé par la lecture" et un "pessimiste joyeux".

Son œuvre est riche de 30.000 à 40.000 dessins.

Le défunt, expatrié en Irlande depuis environ 50 ans, avait été promu fin de l'année 2017, commandeur de la Légion d'honneur pour sa contribution au " rayonnement de la France à travers la culture".

"Tomi Ungerer avait l'assurance de celui qui sait combien il est profondément vulnérable", affirme Andreas Platthaus, pour l'avoir connu personnellement.

Dessinateur hors pair, il avait travaillé pour de nombreuses revues (New York Times, Life Magazine...) et réalisé d'innombrables affiches, souvent sur des thèmes politiques, domaine où son trait incisif et ses aphorismes cinglants faisaient merveille. M. Ungerer a donné plus de 11.000 dessins originaux, des sculptures, des jouets et des livres au musée qui lui est consacré à Strasbourg. Et puis Tomi Ungerer décrivait son émerveillement en découvrant la mer pour la première fois, dans le Cotentin, en 1946. "Il incarnait la liberté", a déclaré Thérèse Willer, conservatrice du musée.

"Nous perdons aujourd'hui un grand artiste, très attaché à l'idée de l'Europe (.) Tomi, dessinateur engagé dans la construction européenne et l'amitié franco-allemande, voulait montrer qu'on est tous égaux et différents". Auteur phare de la littérature jeunesse, avec notamment Les Trois Brigands, Jean de la Lune, Crictor ou Rufus, Tomi Ungerer est décédé samedi 9 février à l'âge de 87 ans.

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