Licenciements et mises à pied — "Ligue du Lol"

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Ces derniers, principalement des hommes, oeuvrant aujourd'hui dans différentes rédactions, dont celle de " Libération ", se seraient rendus coupables de harcèlement plus ou moins coordonné ciblant des femmes, mais aussi des hommes, pour leurs prises de position bien souvent féministes. Je n'en étais pas conscient mais déjà ça partait mal. L'objectif de ce groupe n'était pas de harceler des femmes. Le site Brain Magazine a également annoncé qu'il suspendait sa collaboration avec Vincent Glad.

La rédaction de Libération a annoncé lundi la mise à pied " à titre conservatoire " de ses journalistes Alexandre Hervaud et Vincent Glad, dont les noms apparaissent dans une affaire de cyberharcèlement sur les réseaux sociaux qui a éclaté ce week-end.

"Cela s'est révélé si malsain", ajoute-t-il. Elle explique que la "Ligue du LOL " ne s'est pas contentée de la harceler sur Internet.

Au sein du groupe: son créateur, Vincent Glad, pigiste pour Libération, ou encore Christophe Carron, rédacteur en chef chez Slate.fr. Une liste de noms de membres supposés de ce groupe circulait sur Twitter, sans qu'il soit possible de l'authentifier. "Je crois n'avoir nui socialement ou professionnellement à personne, ni harcelé quiconque", a-t-il précisé dans un autre message.

Une source proche du magazine Les Inrocks a de son côté annoncé la mise à pied à titre conservatoire du rédacteur en chef web, David Doucet, en vue d'un licenciement, pour les mêmes motifs.

Plusieurs membres de cette "Ligue" ont évoqué, comme excuse, le climat de Twitter à ses débuts: "Ça correspondait à une époque où il était de bon ton (.) de faire de l'humour noir, des blagues oppressives (.) j'ai voulu faire le malin alors qu'en fait j'étais con", a tweeté le youtubeur Guilhem Malissen. "J'en ai honteaujourd'hui", écrit-il.

Stephen des Aulnois a quant à lui reconnu avoir participé au groupe "dont les actions répétées sont du harcèlement" et annoncé son retrait du poste de rédacteur en chef d'un magazine pornographique sur Internet. Il a précisé que son site couvrirait l'affaire "sans s'interdire aucun angle", et sans qu'il ne prenne part à la supervision des articles. "Sauf que ces moqueries ont eu un impact dans le réel", a dénoncé le secrétaire d'État au numérique Mounir Mahjoubi, dimanche sur BFMTV. "J'ai invité les victimes à rendre publics les faits, même prescrits, et pour ceux non prescrits à déposer plainte". "Ça fait référence à la Ligue du LOL qui ont harcelé des meufs pendant des années et ont continué leurs carrières pépères sans jamais s'excuser ni avoir à rendre des comptes", a écrit un internaute.

"J'aimerais que vous fassiez état de vos regrets, de vos excuses, du début d'une prise de conscience et j'aimerais que vous démissionniez et que vous encouragiez la candidature de consoeurs (féministes)", a demandé sur Twitter la journaliste Florence Porcel, victime de cette "Ligue" et intimidée "physiquement" sur son "lieu de travail".

"Sur Twitter, Marlène Schiappa, la Secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes, a tenu à apporter tout "[son] soutien et [sa] solidarité aux blogueuses et journalistes qui ont eu à subir le harcèlement sexiste de la #LigueDuLol". "Rien n'empêche d'étudier l'allongement des délais de prescription, on vient de l'allonger de 10 ans pour les viols sur mineurs", a-t-elle indiqué sur Twitter, assurant prochainement "aborder le sujet avec Nicolle Belloubet (la ministre de la Justice, ndlr)".

Pour Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole du groupe "Osez le féminisme", "Aujourd'hui encore, être un agresseur n'est pas du tout un stigmate social. Navrant que des journalistes s'y prêtent", a souligné l'organisation de défense des journalistes, Reporters sans frontières, en ciblant "La Ligue du LOL".

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