Perpétuité pour l'auteur de l'attentat terroriste contre une mosquée de Québec — Canada

Share

Alexandre Bissonnette, auteur de la fusillade ayant fait six morts à la Grande mosquée du Québec, le 29 janvier 2017, a été condamné, ce vendredi, à la prison à vie, sans possibilité de libération avant quarante ans, rapporte le quotidien Le Monde.

Lors de son procès, en mars dernier, l'accusé s'était adressé aux victimes et à leurs proches, implorant leur pardon et affirmant: " Je ne suis ni un terroriste, ni un islamophobe. "C'est la consternation et la surprise totale" face à un verdict jugé trop clément, a-t-il dit à la presse.

Les avocats de l'accusation demandaient une peine exemplaire de 150 ans derrière les barreaux contre Alexandre Bissonnette, mais cette demande a été qualifiée de " déraisonnable " par le juge François Huot.

Une disposition du code pénal canadien, révisée en 2011, permet en théorie de cumuler les peines, mais le magistrat a estimé que "soumettre un meurtrier à une peine supérieure à son espérance de vie risqu (ait) de semer un doute quant à la crédibilité du système judiciaire". Selon lui, cela irait à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés, à valeur constitutionnelle.

Le juge Huot a expliqué en revanche que son passage à l'acte était motivé par des " préjugés portant sur la race " et notamment une " haine viscérale " envers les immigrés de confession musulmane et l'islam en général.

A 19H55 le dimanche 29 janvier 2017, fusil à la main, Alexandre Bissonnette franchissait la porte principale de la mosquée de Québec et ouvrait le feu avec sang-froid sur la quarantaine d'hommes et quatre enfants qui bavardaient après la prière dans la grande salle du rez-de-chaussée. Tuant du coup six personnes et en blessant cinq autres. Informaticien, professeur d'université ou épicier, ils étaient tous intégrés à la vie québécoise depuis de longues années.

Le juge a dit à Bissonnette, vêtu d'un blazer bleu et d'une chemise blanche, de sortir du box des accusés et de se tenir devant lui pendant qu'il lisait la décision. Il a qualifié l'attaque de préméditée, gratuite et insidieuse.

Share