Manuel Valls manifestera avec "l'extrême droite" contre le PM socialiste — Espagne

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Brandissant des drapeaux espagnols et des pancartes clamant "Stop Sanchez", les manifestants ont été nombreux à clamer: "Pour une Espagne unie, des élections maintenant".

Alors que s'ouvre mardi le procès de douze dirigeants catalans impliqués dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017, Pedro Sánchez essaie de composer avec les exigences des indépendantistes, dont le soutien est indispensable pour le vote du budget - au grand dam de la droite.

Ces trois formations, qui se sont récemment alliées en Andalousie (sud) pour chasser du pouvoir le parti socialiste, seraient en mesure, selon plusieurs sondages, de former une majorité au niveau national si des élections avaient lieu aujourd'hui.

Le PP, Ciudadanos et Vox reprochent à Pedro Sanchez de "trahir" l'Espagne et d'aller à l'encontre de l'unité du pays en tentant de dialoguer avec les séparatistes.

Les médias de gauche affirment pour leur part que les accusations de la droite contre M. Sánchez - formulées par les organisateurs dans un manifeste, lu devant la foule - sont mensongères et sans fondement. "Il s'allie avec nos ennemis (.), des gens qui veulent diviser les Espagnols".

Pourtant, cette initiative de l'homme politique a attiré une attention particulière de ses anciens électeurs français, Manuel Valls ayant prôné des valeurs socialistes à l'époque de son passage à Matignon. Manuel Valls misait sur ses aventures espagnoles pour favoriser le projet européen "ni droite, ni gauche" dans lequel les néo-centristes espagnols de Ciudadanos auraient eu un rôle important. Manuel Valls, lui, a expliqué au micro d'Europe 1 n'avoir pas hésité longtemps avant de vouloir venir, en dépit de la présence de l'extrême droite. "(.) Ici, ce sont les Espagnols qui ont envie de défendre la Constitution".

"Ce que je fais en tant que chef du gouvernement, en respectant toujours la Constitution, est corriger une crise d'Etat que le PP a contribué à aggraver quand il était au pouvoir pendant sept ans", de 2011 à 2018, a poursuivi M. Sanchez.

Toute alliance avec les nostalgiques du Franquisme de Vox serait à la fois "une erreur politique" et une "incongruité morale", martelait encore ces derniers jours, Manuel Valls.

De fait, les négociations sont suspendues depuis vendredi entre le gouvernement et les indépendantistes, chaque camp accusant l'autre d'être responsable du blocage.

La secrétaire générale adjointe du Parti socialiste (PSOE), Adriana Lastra, une proche de Pedro Sanchez, a parié que le président du gouvernement écourterait la législature, qui doit normalement s'achever en 2020, en cas de rejet du budget.

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, envisage de convoquer des élections législatives anticipées le 14 avril, rapporte lundi l'agence de presse EFE en citant des sources gouvernementales anonymes.

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