L'Allemagne interdit à Facebook de regrouper les données WhatsApp et Instagram

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" Les services appartenant à Facebook, tels que WhatsApp et Instagram, peuvent continuer à collecter des données". Mais lier cette data à leur compte Facebook (23 millions d'utilisateurs actifs par jour et 32 millions d'utilisateurs actifs par mois dans le pays) ne sera possible qu'avec leur consentement libre. Facebook a un mois pour contester cette décision avant qu'elle ne devienne définitive.

La décision, même si elle est en lien évident avec la protection des données, émane de l'autorité de la concurrence allemande.

Après près de trois ans de procédure, l'Office fédéral de lutte contre les cartels a considérablement limité, jeudi, la marge de manoeuvre de Facebook lorsque le réseau social collecte les données personnelles de ses utilisateurs outre-Rhin.

" Les CGU de Facebook, l'étendue du champ de données collectées et la manière dont ces données sont collectées et utilisées sont en violation avec le RGPD et se font au détriment des utilisateurs, " estime le Bundeskartellamt".

Le géant californien, qui fêtait lundi ses 15 ans, sort d'une année 2018 marquée par une série de polémiques, à commencer par le scandale Cambridge Analytica, soit l'exploitation à des fins politiques de données d'utilisateurs de Facebook à leur insu, notamment pendant la campagne présidentielle de Donald Trump. De l'autre côté, les données collectées sur des sites tiers - ce que peut faire Facebook via des widgets intégrés à de nombreux sites, soit les boutons " J'aime " ou " Partager " - ne pourront pas non plus être combinées aux comptes Facebook des utilisateurs en Allemagne sans leur consentement explicite.

M. Mundt a ajouté que c'est justement ce croisement de données de différentes sources qui a permis au réseau social de mettre en place une base de données unique pour chaque utilisateur et ainsi de gagner en puissance sur le marché.

Facebook devra alors demander le " consentement éclairé " des utilisateurs avant de pouvoir combiner les données de WhatsApp, Instagram et Facebook.

Par contre, l'autorité s'inquiète du fait que la plupart des utilisateurs de Facebook ne sont pas conscients du fait qu'au-delà des données générées par l'utilisateur de leur propre compte, il y a un recoupement qui est effectué avec des données provenant d'autres sources, permettant la création d'une masse d'information insoupçonnée.

En cliquant dessus, il sera possible d'avoir accès à l'identité du commanditaire du message de promotion et au type d'informations présents dans le profil qui font que la publicité est apparue.

Elle a aussi prévenu Facebook que les choses pouvaient encore se corser. "La théorie de lautorité de concurrence fédérale allemande est que la domination de Facebook est ce qui lui permet d'imposer aux utilisateurs des conditions contractuelles qui les obligent à permettre à Facebook de les suivre partout". Celle-ci touche le géant du Web en plein cœur: après enquête, le régulateur estime que le modèle lucratif de Facebook est fondé sur un abus de position dominante sur le marché des réseaux sociaux.

Le président de l'autorité a déclaré: " En tant que société dominante, Facebook est soumis à des obligations particulières en vertu du droit de la concurrence.

Ici aussi, Facebook conteste tout abus, renvoyant au consentement des utilisateurs qui serait fourni, selon elle, conformément aux standards requis par la loi. Dans le fonctionnement de son modèle économique, l'entreprise doit tenir compte du fait que les utilisateurs de Facebook ne peuvent pratiquement pas passer à d'autres réseaux sociaux. "Dans une situation aussi difficile, le choix de l'utilisateur ne peut être considéré comme un consentement volontaire", a déclaré Mundt.

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