" Gilets jaunes " : le point sur la mobilisation

Share

Il y avait deux banderoles côte à côte ce samedi 12 janvier en tête du cortège des Gilets Jaunes à Tours: la première revendiquait une justice sociale en France, la seconde interrogeait " Qui nous protège de la police?

À Paris, des incidents se sont produits vers la Place de l'Étoile.

Environ 84 000 personnes ont manifesté en France, contre 50 000 la semaine dernière, qui a également fait état de 244 interpellations sur l'ensemble du territoire. "Si ça tourne un peu au vinaigre, je reculerai", explique Patrick Lerest, 62 ans, gilet jaune à Nemours (Seine-et-Marne). Il s'agissait, selon Priscillia Ludosky, l'une des figures du mouvement de contestation de " démontrer notre unité au centre de la France ". Les banques ont été invitées à fermer, de même que les musées et les jardins publics.

Et malgré un nombre deux fois moins élevé, les débordements avaient été plus nombreux, des violences proférées envers les forces de l'ordre à celles dans le ministère de Benjamin Griveaux.

Alors que certaines sources policières avaient prévu le rassemblement de 2 000 et 3 000 personnes, ces prévisions ont été dépassées. Selon un dernier bilan de la Préfecture de Police, 59 personnes ont été interpellées samedi à Paris. Environ 500 autres ont choisi manifester dans le centre, malgré l'interdiction, dans un climat relativement calme. Dix-huit personnes ont été interpellées en marge de cette deuxième manifestation nationale, selon la préfecture. Puis vers 15h00 de premiers affrontements ont éclaté rue Moyenne, dans l'artère commerçante, entre manifestants jetant des projectiles et forces de l'ordre qui répliquaient à coups de grenades lacrymogènes et chargeaient les manifestants. Parmi elles, 108 ont été placées en garde à vue. Alors que les autorités s'attendent à "revenir à un niveau de mobilisation qui se situe avant les fêtes de Noël", cette commune du Cher a été retenue par le collectif "La France en colère" comme point de rassemblement pour la manifestation du jour en raison de son emplacement géographique central dans l'Hexagone. Plusieurs "black blocs" étaient présents dans le cortège parti de la place de Bretagne. Place de l'Etoile, en haut des Champs-Elysées, un journaliste de l'AFP a assisté à plusieurs salves de grenades lacrymogènes tout près de l'Arc de Triomphe, théâtre d'importants affrontements le 1er décembre, dont les images avaient fait le tour du monde.

Peu après 18H00 les derniers manifestants, revenus place Séraucourt, étaient dispersés par les forces de l'ordre, a constaté l'AFP. Au total, plus d'une centaine d'interpellations a eu lieu.

Mais un autre groupe brave dès 14h00 l'interdit et se dirige vers le centre.

À Rouen, le cortège réunissant quelque 2500 personnes a été émaillé de tirs de gaz lacrymogènes en début de manifestation.

Des échauffourées se sont aussi produites à Toulouse où 5 000 personnes ont manifesté. D'après la préfecture, il y aurait 11 blessés dont 2 CRS.

L'exécutif prévoit un dispositif de sécurité massif, qui retrouve son niveau de la mi-décembre: 80 000 policiers et gendarmes devraient être mobilisés samedi à travers la France, dont 5 000 à Paris.

Comme depuis le début du mouvement, Bordeaux a fait partie des villes les plus mobilisées pour l'acte 9 des gilets jaunes.

Share