Début du procès de Mehdi Nemmouche — Bruxelles

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Le parquet fédéral a terminé vendredi de lire son acte d'accusation reprenant les principales étapes de l'enquête, après environ 9 heures de lecture ces deux derniers jours.

Le procès du Français Mehdi Nemmouche, accusé d'avoir assassiné quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai 2014, s'est ouvert aujourd'hui vers 9h30 en sa présence devant la cour d'assises de la capitale belge. Quatre journalistes français pris en otage en Syrie après leur enlèvement en 2013 affirment en outre que cette voix est celle d'un de leurs geôliers, identifié comme étant Mehdi Nemmouche, a également souligné le parquet fédéral. Inculpé fin 2017 à Paris dans ce dossier, il devra faire face à un procès distinct en France.

"Quand j'entends ses avocats dire que c'est quelqu'un qui peut être très poli, très urbain". Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes, comme s'il était l'œuvre d'un tueur professionnel, avec un revolver et un fusil d'assaut Kalachnikov.

A l'époque, le natif de Roubaix (nord) était revenu depuis peu de Syrie où il avait combattu dans les rangs jihadistes. Certainement. C'est quelqu'un de malin. "C'est une page qui ne sera jamais entièrement tournée". Et de préciser: "Il faisait partie des gens qui torturaient les Syriens, les Irakiens, les prisonniers".

Jeudi matin également, la présidente a entendu la demande des avocats de Mehdi Nemmouche de déclarer irrecevable la constitution de partie civile de l'Association Française des Victimes du Terrorisme (AFVT), représentée par Me Guillaume Lys et Me Antoine Casubolo Ferro.

Nemmouche, gardien "violent" et admirateur de Mohamed Merah.

"Les intentions étaient les mêmes, la méthodologie pratiquement la même", a-t-il ajouté.

Pour le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats reprochés à l'accusé ne fait aucun doute. Mais sur les bancs des victimes on craint que les avocats de Mehdi Nemmouche tentent de minimiser cet aspect voire de "tenir un discours de type complotiste".

L'hypothèse de la responsabilité d'agents israéliens a déjà été évoquée à demi-mot par Me Courtoy lors d'une audience préliminaire.

Radicalisation en prisonCondamné à plusieurs reprises à partir de ses 16 ans pour divers vol, parfois avec violence, il s'est, selon l'enquête, radicalisé en prison avec Nacer Bendrer. C'est là que son co-accusé Nacer Bendrer a été arrêté en décembre 2014, soupçonné de l'avoir aidé à se fournir en armes. Leur proximité est notamment attestée dans l'enquête par 46 contacts téléphoniques en l'espace de 15 jours en avril 2014, époque à laquelle Nemmouche est soupçonné être en pleins préparatifs.

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