Syrie : la coalition internationale annonce avoir entamé le retrait de ses troupes

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Moins d'un mois après l'annonce de Donald Trump, le retrait américain a déjà débuté en Syrie.

"Nous ne retirons pas de troupes à ce stade", a indiqué ce responsable ayant requis l'anonymat, alors que la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis a annoncé vendredi avoir "commencé le processus de retrait organisé de Syrie".

La coalition internationale antijihadiste a été créée en 2014, après la montée fulgurante du groupe Etat islamique en Syrie et sa conquête de larges pans des territoires syrien et irakien. Le groupe jihadiste contrôle encore quelques poches et dispose toujours de cellules dormantes dans la "badiya" (désert), notamment dans l'est de la Syrie, où la coalition poursuit le combat avec l'appui au sol des Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par des combattants kurdes.

Le 19 décembre, Donald Trump avait justifié son annonce de retrait des 2.000 soldats américains en affirmant que l'EI avait été vaincu, même si le groupe continue de contrôler quelques zones dans l'est de ce pays.

Les Etats-Unis ont commencé à retirer du matériel de Syrie mais pas encore des troupes, a indiqué vendredi un responsable du ministère de la Défense, tentant de clarifier des informations de la région. "Par souci de sécurité opérationnelle, nous ne discuterons pas des échéances, des lieux ou des mouvements de troupes", a-t-il souligné.

Jeudi soir, environ "150 soldats américains se sont retirés de la base militaire de Rmeilan dans la province de Hassaké", dans l'est syrien, a indiqué de son côté le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Mais, depuis, le gouvernement américain a multiplié les messages pour gommer l'impression initiale de départ précipité donnée par M. Trump. "Le président Trump a pris la décision de retirer nos troupes, nous allons le faire", a rappelé jeudi le chef de la diplomatie Mike Pompeo, se gardant toutefois de mentionner un calendrier.

Selon des analystes, l'annonce du retrait américain a déjà des conséquences.

Après la proclamation d'un "califat" de facto sur de vastes régions qu'il avait conquises en Syrie et en Irak en 2014, l'EI a vu son territoire se réduire comme peau de chagrin face à de multiples offensives dans ces deux pays. Des affrontements sporadiques opposent les jihadistes aux forces du président syrien Bachar al-Assad. Mais il n'est pas clair dans l'immédiat si le retrait inclut également les troupes françaises et britanniques déployées en Syrie. Elle a fait plus de 360.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.

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