Demi KO debout [Critique — Creed II

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Néanmoins, un défi de taille promet de lui donner du fil à retordre: il doit en effet affronter Viktor Drago, le fils d'Ivan Drago, le boxeur qui avait tué son père à coups de poings sous les yeux de Rocky, qui était déjà son entraîneur. Mais lui arrive-t-il au moins à la cheville? Sylvester Stallone récupère l'écriture de ce huitième volet, avec toujours Michael B. Jordan en héritier qui affronte indirectement l'ennemi de Rocky dans le quatrième volet.

Au départ, Rocky est un boxeur sans avenir des bas-fonds de Philadelphie, qui réussit finalement par son travail et sa persévérance à devenir champion du monde. "Rocky ne mourra jamais parce qu'il vit en vous". Mais Steven Caple J, qui succède à Coogler, et qui, comme ce dernier, s'est fait remarquer par un long métrage, The Land (2016), au festival de Sundance, assure, certes sans dépasser ou renouveler son prédécesseur, l'équilibre requis entre pleurs et sueur, intimisme et biscottos.

Creed 2, la suite 4 ans après.

Adonis Creed est champion du monde. Et l'enjeu du combat est d'autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. "Je sais que c'est dingue de tout recommencer", s'exclame Jordan dans Creed II. Adonis, qui va mal vivre leur affrontement, pourra compter sur Rocky Balboa afin de le remettre sur le droit chemin et enterrer le passé...

Creed II, en salles aujourd'hui, marque la fin d'une période. Les spectatrices craqueront certainement sur ses muscles luisants mais pour les autres, il faudra attendre les scènes d'entraînement et de combat pour vraiment trouver un intérêt à sa prestation. Même Tessa Thompson voit son importance dans le film totalement rabotée au point qu'on soupçonne qu'elle a été sacrifiée sur le banc de montage.

Globalement, Creed II atteint de manière assez violente toutes les limites d'une série dont les défauts ont définitivement enterré les qualités, à l'image de ce pauvre Sylvester Stallone, condamné à rejouer indéfiniment son personnage pathétique de " clodo-sagesse " initié par Rocky Balboa (sixième épisode de la saga originale, pour les néophytes). De retour dans cette suite Dolph Lundgren n'aura que trop peu l'occasion de se montrer ici aussi détestable, il reste trop dans l'ombre comme Sylvester Stallone. Il préfère se battre, et même si c'est prévisible, c'est dommage.

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