CAC 40 : par ici les dividendes

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En intégrant les dividendes extraordinaires et les rachats d'actions, le taux de distribution a atteint 59% au total l'an passé. Ils ont crû, en un an, de 4,3 milliards, à 10,9 milliards (+65 %), un record depuis 2009, mais un niveau qui reste inférieur à celui d'avant crise.

Le CAC 40 va bien, très très bien même, merci pour lui.

Si la générosité envers les actionnaires explose cette année, avec une hausse de 12,8 % par rapport à 2017, et surtout + 62 % par rapport au creux de 2009 (35,3 milliards d'euros distribués aux actionnaires), cela va de pair avec une forme olympique pour les bénéfices des sociétés concernées en 2017 (année de référence pour la distribution des dividendes en 2018), qui ont grimpé de 18 % en un an. Selon la Lettre Vernimmen.net, relayée par les Echos et qui a compilé les informations publiées par les sociétés, le montant des dividendes s'élève à 57,4 milliards d'euros, dont 10,9 milliards d'euros sous forme de rachats d'actions. Première capitalisation boursière française, Total en a reversé pour 10,1 milliards d'euros l'an dernier, le laboratoire pharmaceutique Sanofi pour 4,8 milliards et BNP Paribas pour 3,8 milliards. Ces trois poids lourds du CAC 40 représentent à eux seuls près du tiers de l'ensemble des sommes versées l'an dernier. "Qu'elle soit redistribuée ou réinvestie dans l'entreprise, c'est toujours du patrimoine de l'actionnaire", décrypte cet enseignant-chercheur à Bordeaux.

Les entreprises du CAC 40 ont beaucoup utilisé le levier des rachats d'actions. Signe que le sujet embarrasse, la Lettre Vernimmen anticipe la critique, en affirmant que, "contrairement au sophisme et au poncif (sic), aucun groupe n'a dû réduire ses investissements pour verser un dividende". Si Total reste le principal contributeur (3,77 milliards), 17 sociétés sur 40 ont procédé à des rachats d'actions significatifs (au moins 100 millions) et 7 groupes y ont consacré chacun autour de 500 millions: L'Oréal, Vinci, Schneider, Safran, Cap Gemini, Saint-Gobain, TechnipFMC.

"Ce sont toutes des entreprises à maturité qui génèrent des capitaux propres importants, que leur faible croissance rend inutile en leur sein et qu'il est plus sain de reverser à leurs actionnaires, plutôt que de le gaspiller en surinvestissements ou en placements oisifs de trésorerie", détaille Pascal Quiry auprès des Echos. Un raisonnement qui part de l'idée que ces dividendes seraient forcément réinvestis ailleurs, ce qui n'a rien d'évident au vu de la sous-capitalisation de nombre de PME en France dont la situation ne ressemble en rien à celle du CAC 40. "Aucune recherche scientifique n'a montré que les actionnaires s'enrichissaient significativement par un rachat d'actions".

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