Le gouvernement populiste italien soutient le mouvement — Gilets jaunes

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Quelques heures avant lui, lundi midi, c'est l'autre vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système), qui a lancé sur son blog: "Gilets jaunes, ne faiblissez pas!" Une nouvelle manœuvre diplomatique, juste avant les élections européennes.

Gilets jaunes, ne faiblissez pas!strong>.

Le ministre italien du Développement économique, du Travail et des Politiques sociales, Luigi Di Maio, a exprimé son soutien au mouvement des Gilets jaunes en France. "Nous connaissons l'esprit qui vous anime et les raisons qui vous poussent à prendre la rue", abonde le vice-Premier ministre dans un exercice diplomatique inédit: soutenir un mouvement d'opposition à un gouvernement voisin.

"Le gouvernement populiste italien a spectaculairement affirmé lundi son soutien aux gilets jaunes en France".

Bien que condamnant lui aussi les violences, Luigi Di Maio, dont le mouvement prône une forme de démocratie directe depuis ses débuts en 2009, a offert l'aide de sa plateforme Internet, baptisée "Rousseau", afin d'"organiser des événements sur le territoire", de "choisir des candidats" et de "définir le programme électoral" via son système de vote. "Rousseau" est une plate-forme interactive qui permet à tout inscrit au M5S de participer à l'élaboration des programmes, à la rédaction de lois, mais aussi au choix des candidats pour les élections locales ou nationales.

" Rousseau " est toutefois critiqué en Italie pour son manque de transparence, et pour être sous le contrôle d'une société, créée par l'un des fondateurs du M5S, Roberto Casaleggio, théoricien de la démocratie directe et pourfendeur de la démocratie représentative".

Reprenant le discours populiste, anti-système et anti-élites qui a fait la force du M5S, mais aussi de la Ligue, M. Di Maio s'en est pris lui aussi directement au gouvernement français, accusé de ne représenter que "les intérêts des élites".

" Le gouvernement de (Emmanuel) Macron n'est pas à la hauteur des attentes et certaines politiques mises en œuvre sont de fait dangereuses, non seulement pour les Français, mais aussi pour l'Europe", a ajouté Luigi Di Maio".

"Gilets jaunes" et M5s, des mouvements similaires?

"Nous, en Italie, nous sommes parvenus à inverser cette tendance", a-t-il encore affirmé, évoquant le mouvement de protestation français.

Une nouvelle Europe est en train de naître.

À l'instar du M5S, il réclame davantage de démocratie directe en revendiquant par exemple l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC). "C'est une dure bataille que nous pouvons mener ensemble", conclut le vice-président du Conseil des ministres italien, qui a déjà lancé la campagne du M5S pour les élections européennes prévues en mai.

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