Taxe d’habitation : Bruno Le Maire repousse l’idée d’une suppression totale

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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit ouvert dimanche au débat sur certaines mesures qui n'ont pas encore été mises en place, telle que la suppression de la taxe d'habitation pour les 20 % des ménages les plus aisés. En effet, Bruno Le Maire a indiqué que la taxe d'habitation pourrait être maintenue pour les 20 % des ménages les plus riches. "La question de savoir si nous irons sur ces 20 % restants, oui, elle est sur la table ", a-t-il ajouté. Il a donc ouvert la porte à ce qu'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la disparition totale de la taxe d'habitation d'ici 2020, soit brisée.

"La priorité à mes yeux n'est pas de rétablir un ISF qui n'a jamais réglé le problème du chômage ni celui de la pauvreté en France", a insisté le ministre, refusant tout retour en arrière sur ce point. "Si nous répondons non à chacune des demandes des Français, que nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice qui s'exprime partout en France, nous ne réussirons pas le débat".

Les réponses du gouvernement sur le pouvoir d'achat ont été, jusque-là, diversement appréciées par les syndicats, mais tous se sont rejoints pour dénoncer, selon eux, une absence de mesures de "justice fiscale". Une décision qui a néanmoins un coût: 8,5 milliards d'euros en plus des 10 milliards d'euros déjà prévus. Elle doit faire l'objet de compensations pour les collectivités locales, sous une forme qui n'a pas encore été arrêtée.

S'il est voté après le grand débat national, le maintien d'une partie de la taxe d'habitation devra encore être validé par le Conseil constitutionnel. "Car, a estimé Stanislas Guerini, " si on ferme toutes les portes à toutes les réflexions qu'on peut avoir, alors on ferme le grand débat " voulu par l'exécutif dans les territoires pour répondre à la crise des " gilets jaunes ". "On ne peut pas nous expliquer qu'il faut plus mettre à contribution ceux qui ont plus, et quand c'est fait invoquer l'égalité devant l'impôt", a estimé lundi Benjamin Griveaux.

Pour Christian Eckert, ex-secrétaire d'Etat au Budget de François Hollande, "revenir aujourd'hui à la case départ est curieux.et risque d'être déclaré inconstitutionnel".

Un avis partagé par le président LR de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, Eric Woerth. "La panique fiscale, c'est quelque chose d'extrêmement dangereux", a-t-il mis en garde.

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