Ils écrivent à Emmanuel Macron et préparent l'acte 8 — "Gilets jaunes"

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Pour ce premier samedi de 2019, les Gilets jaunes sont redescendus dans les rues de Limoges.

Pour tenter d'échapper aux forces de l'ordre, certains Gilets jaunes semblent envisager une nouvelle stratégie basée sur la discrétion. Sur les quais de Seine, à proximité de l'Hôtel de Ville, des manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes avant de recevoir le renfort de CRS.

Levant les yeux vers les bureaux de l'agence, plusieurs d'entre eux ont alors hué l'AFP, poussant des " ouh " de désapprobation, d'autres faisant des doigts d'honneur ou dressant le poing, tandis que fusaient quelques insultes à l'encontre des journalistes. Et selon un autre comptage, effectué vendredi par France Info, seules 2 500 personnes étaient mobilisées sur toute la France jeudi. "On a fait ça pour arriver là".

Ailleurs en France, les rassemblements se déroulent aussi dans le calme.

Un troisième "collectif citoyen " organise un rassemblement de Gilets jaunes à la gare de Limoges à 14 heures.

Des marches de femmes gilets jaunes sont également prévues dimanche. Les forces de l'ordre les empêchent d'accéder au site, sans faire usage de gaz lacrymogène. Selon les notes de la direction du renseignement de la PP (DRPP), les manifestations devraient rassembler " des casseurs aux profils différents, provoquant des violences urbaines avec dégradations au domaine public, de commerces et de véhicules ".

Cet acte VIII fait figure de test pour ce mouvement de contestation inédit qui fait vaciller l'exécutif depuis un mois et demi mais qui a donné des signes d'essoufflement dans la rue ces dernières semaines.

Dans ce contexte de forte décrue, le ministère de l'Intérieur a demandé aux préfets le 29 décembre de "poursuivre [leurs] initiatives opérationnelles jusqu'à la libération complète et définitive des espaces occupés", citant les "entraves et les gênes à la circulation, notamment aux abords des ronds-points et des zones d'activité économique, générées par des manifestants qui n'ont pas déclaré au préalable leurs actions".

Fragilisé par cette contestation inédite, le chef de l'État Emmanuel Macron avait annoncé le 10 décembre une série de mesures, notamment une hausse de 100 euros des salaires au niveau du Smic, et promis dans ses voeux du 31 décembre un retour à " l'ordre républicain ". Mais il n'est pas parvenu à éteindre la fronde. Du côté des "gilets jaunes en colère", le groupe d'Éric Drouet, figure controversée du mouvement, on appelle plutôt à se rassembler place de la Bourse.

Très critiques, voire hostiles, envers les médias, les gilets jaunes entendent désormais les utiliser dans une guerre d'image face au gouvernement. Vendredi, Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a estimé que le mouvement était "devenu le fait d'agitateurs qui veulent l'insurrection et, au fond, renverser le gouvernement ".

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