Feu vert pour le cannabis thérapeutique

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Les experts ciblent les "douleurs réfractaires aux thérapies accessibles", certaines formes d'épilepsies, "des soins de support en oncologie" (cancers), les "situations palliatives" et les contractions musculaires affectant les malades de sclérose en plaques.

Pour les patients qui militent pour la légalisation du cannabis thérapeutique, cet avis positif de l'ANSM constitue donc une première étape.

Beaucoup reste à faire: il faut encadrer la mise sur le marché et le suivi des patients.

Plusieurs pays autorisent le cannabis thérapeutique, comme les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Espagne, Israël, la Suisse, la Norvège, la Turquie ou encore le Canada.

Le THC synthétique (dronabinol) est déjà commercialisé sous le nom de Marinol en France, mais sa prescription est soumise à une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) nominative. Suivra une décision politique, pour décider d'une éventuelle modification législative légalisant l'usage du cannabis thérapeutique. La France se met ainsi au diapason d'une trentraine de pays.

"Il n'est pas sûr" que le cannabis médical puisse être mis à disposition des patients avant 2020, a estimé prudemment le professeur Nicolas Authier, président du Comité scientifique, ce jeudi. Il ajoute qu'il "souhaite, pour que l'ensemble de ces propositions soient appliquées, qu'une évolution de la législation soit mise en œuvre", tout en considérant, néanmoins, que les risques pour la santé existent.

On ne le fumera pas.

. Ainsi, il demande "qu'un suivi des patients traités soit mis en place sous forme d'un registre national pour assurer une évaluation de son bénéfice/risque", mais aussi "qu'une évaluation des effets indésirables soit régulièrement faite par les réseaux de pharmacovigilance et d'addictovigilance" et "que la recherche soit favorisée". Il exclut la délivrance autre qu'en complément d'un traitement, il écarte "la voie d'administration fumée", c'est-à-dire notamment le joint, compte tenu des risques de la combustion pour la santé, tout aussi cancérigènes que le tabac. D'autres voies d'administration vont être étudiées, comme les sprays, l'inhalation, les gélules, les gouttes, les suppositoires, les huiles, la voie sublinguale ou encore les patchs.

Par ailleurs, "il ne faut pas que le cannabis thérapeutique soit accessible seulement aux patients aisés qui peuvent payer la totalité du coût", estime le Dr Authier.

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