Emmanuel Macron refuse de recevoir les gilets jaunes ce vendredi soir

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Le gouvernement, qui a multiplié les appels au calme, retient son souffle alors que plusieurs figures de cette contestation très diverse ont appelé à défiler pacifiquement.

Malgré l'annonce du gouvernement d'annuler la taxe carbone sur le carburant, les Gilets jaunes restent mobilisés.

À Lyon, 7 000 personnes selon la préfecture et "au moins 10 000" selon les organisateurs ont pris part au cortège, entre la place Jean Macé et les berges du Rhône, dont plusieurs dizaines de "gilets jaunes". Le pouvoir d'achat des salariés, le transport, le logement, la fiscalité et l'accessibilité des services publics sont les cinq thèmes de concertation identifiés vendredi par les partenaires sociaux et le gouvernement, a indiqué Muriel Pénicaud, ministre du Travail à l'issue d'une première réunion avec les principales organisations patronales et syndicales (à l'exception de la CGT). Après s'être rendu à la cellule de crise de la place Beauvau, où il a retrouvé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, le secrétaire d'Etat Laurent Nunez et les autorités préfectorales, Edouard Philippe a fait état à 11 heures de 481 interpellations et de 211 gardes à vue.

Ce nombre est déjà supérieur au total des interpellations (412) effectuées dans la capitale samedi 1er décembre.

A Marseille, des milliers de manifestants pour le climat ont été rejoints dans le calme sur le Vieux Port par des "gilets jaunes". Mais au milieu de la journée, des groupes plus violents ont commencé à lancer des projectiles contre les forces de l'ordre.

Eric Drouet, visé par une enquête après avoir appelé à entrer dans l'Elysée, a également appelé à laisser "Paris aux casseurs " et d'aller manifester "sur le périphérique " parisien à la place. Celle de septembre avait rassemblé 115.000 participants dans toute la France, selon les organisateurs, dont 18.500 à Paris selon la préfecture de police (50.000 selon les organisateurs), peu après la démission de Nicolas Hulot du gouvernement.

Les autorités ont renforcé les contrôles dans les gares et pratiquent la fouille systématique aux abords des lieux de manifestation. "On a parlé de tout", a rapporté la porte-parole bretonne. Les images de la préfecture de police de Paris sont spectaculaires. Une dizaine de lignes sont touchées en ce début de matinée.

Les hôpitaux de la capitale ont mis en place " des renforts médicaux et non-médicaux", la journée pouvant être le théâtre de nouvelles violences à Paris. Barricades enflammées, pillages de commerces, saccages d'agences bancaires, nuages de gaz lacrymogène pour tenter de disperser "gilets jaunes" et "casseurs": plusieurs quartiers du centre de Paris avaient été plongés dans le chaos.

Parmi les autres contestataires qui tentent de s'agglomérer à la révolte, certains lycéens continuaient vendredi de manifester, bloquant des établissements scolaires et provoquant eux aussi des violences urbaines et des affrontements avec les forces de l'ordre, en particulier en région parisienne.

Vers 10h25, les forces de l'ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes en direction des manifestants pour les faire reculer, dans une rue perpendiculaire aux Champs-Elysées, près de l'arc de Triomphe. L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) se prépare et anticipe d'"éventuels débordements de manifestations" lors de la mobilisation des "gilets jaunes" pour le quatrième samedi. "Il s'agit d'une note technique qui fait l'objet d'une large diffusion", a précisé cette source.

Des barrages de police étaient déployés autour du quartier européen, où se concentrent les institutions européennes (Commission, Conseil et Parlement européens), empêchant l'accès des véhicules, mais aussi des piétons, a constaté un journaliste de l'AFP.

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