Nouveau recul de Macron mais des "gilets jaunes" toujours remontés — France

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"En ces circonstances, nous appelons à ce qu'aucun acte de violence sur les personnes et sur les biens ne puisse être commis", a dit le chef de file des députés LR Christian Jacob.

Toutes ces annonces répondent à des demandes des "gilets jaunes". Le Premier ministre a surtout réfuté toute idée de "cacophonie " au sein du gouvernement sur la " hausse de la taxe carbone " qui est bien " supprimée", a-t-il indiqué. Édouard Philippe est "très affaibli" mais ne pourra pas servir de "fusible" car "c'est la personne du président de la République qui est visée" dans la crise des "gilets jaunes", a estimé jeudi le député LFI Alexis Corbière.

A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

Le Premier ministre Édouard Philippe a également déclaré jeudi que plus de 89.000 membres des forces de l'ordre seraient mobilisés samedi en France, dont 8.000 à Paris, lors de la nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes". Le président Emmanuel Macron a demandé mercredi aux responsables politiques et syndicaux de lancer un "appel au calme". La déclaration a été approuvée par 358 voix contre 194. "Et c'est ce qui m'importe", a déclaré le chef du gouvernement. Un geste fort pour l'exécutif qui semblait pourtant vouloir s'accrocher mordicus à sa trajectoire fiscale en matière de carburants. Mais le cafouillage a révélé encore un peu plus la bataille qui se mène dans les coulisses du pouvoir, où un axe Matignon-Bercy de plus en plus affaibli tente depuis plusieurs semaines de reculer le moins possible face à la violente fronde contre la hausse des taxes sur le carburant et sur le pouvoir d'achat et les impôts en général.

Assurant que "la république [était] solide", Edouard Philippe a ensuite déroulé une série de mesures de sécurité qui seront prises samedi. "Ils se radicalisent par la violence et politiquement", a soutenu en ce sens une source du ministère de l'Intérieur auprès de l'AFP, faisant état d'une "mobilisation de la part de l'ultradroite et de l'ultragauche".

À Dole, Fabrice Schlegel, un promoteur immobilier de 45 ans qui est l'un des premiers leaders des "gilets jaunes" dans sa ville, s'est montré très inquiet.

La volte-face de l'exécutif sur la taxation des carburants n'y change rien, la colère des gilets jaunes ne faiblit pas. Elle sera suivie de 3h30 d'interventions d'orateurs des groupes politiques, la moitié du temps étant dévolu aux oppositions. Edouard Philippe est plus que jamais fragilisé. De son côté, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a mis en garde mercredi soir contre les incitations à manifester à destination des lycéens, affirmant qu'elles sont "une incitation à courir un danger grave".

Fait rare, tous les grands syndicats de salariés nationaux ont décidé de se réunir jeudi.

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