Médecins : toujours moins de généralistes, toujours plus "d'inégalités territoriales"

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À l'heure où les Gilets jaunes manifestent dans toute la France, notamment contre la désertification des territoires ruraux, l'Atlas démographique du Conseil de l'ordre des médecins sonne comme un nouvel avertissement: les inégalités d'accès aux soins se creusent d'année en année. Au 1er janvier dernier, la France comptait 217.107 médecins actifs, un chiffre en hausse de 0,5 % sur un an, auxquels s'ajoutent 17.373 praticiens en cumul emploi retraite (+ 3,1%).

Mais derrière cette constance apparente, le nombre de généralistes est de nouveau en recul (-0,4 %, soit 87 801), tandis que les effectifs continuent d'augmenter chez les spécialistes (+0,4 %, soit 85 647) et les chirurgiens (+0,8 %, soit 24 632). Depuis 2010, le pays a perdu 6,8 % de ses généralistes et en perdra autant d'ici 2025 d'après les projections de l'Ordre.

Avec 24% d'omnipraticiens âgés de plus de 60 ans et seulement 21% en dessous de 40 ans, "le renouvellement générationnel est incomplet", constate l'Ordre.

À l'inverse, spécialistes et chirurgiens sont de plus en plus nombreux (+4,2 % depuis 2010) et leur nombre devrait encore progresser de 3,2 % jusqu'en 2025. Dans 11 départements, il y a même une une part majoritaire de femmes au sein des médecins inscrits en activité régulière, en particulier en région Île-de-France.

Autre phénomène: les médecins ont de plus en tendance à choisir l'exercice salarié (47%), au détriment de l'exercice libéral (42%) ou mixte (11%), en particulier chez les nouveaux inscrits.

Les écarts se creusent entre les 10 départements où la densité médicale est la plus forte et les 10 départements où elle est la plus faible.

Sans surprise, les grandes villes s'en sortent le mieux et bénéficient en prime de " l'attractivité des centres hospitalo-universitaires ". Paris rafle la mise avec 687,1 praticiens pour 100.000 habitants, loin devant le Rhône (396,9) et les Bouches-du-Rhône (379,6). A l'autre bout du classement, en métropole, on retrouve la Mayenne (167,3), l'Ain (162,4) et l'Eure (154,3).

Dans l'ensemble, "la tendance à la baisse de la densité médicale observée depuis 2010 se confirme", le nombre de praticiens en activité ayant stagné tandis que la population n'a cessé d'augmenter.

Moins attirants, les départements de la "diagonale de l'intérieur" ont davantage recours aux médecins étrangers pour ralentir l'hémorragie. La situation est encore plus caricaturale dans la Creuse, où, en un an, seuls deux médecins à diplôme étranger se sont inscrits au tableau.

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