Les conservateurs allemands élisent une fidèle d'Angela Merkel à leur tête

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Angela Merkel, qui quitte la présidence du parti mais entend rester chancelière jusqu'à la fin de son mandat en 2021, a dressé une longue liste des dangers actuels comme "la remise en cause du multilatéralisme, un repli sur le national, la réduction de la collaboration internationale" et les menaces de "guerre commerciale" - une référence évidente à la politique du président américain Donald Trump.

La nomination de Mme Kramp-Karrenbauer, surnommé par ses initiales "AKK", ouvre à terme les portes de la chancellerie à cette Sarroise encore quasi inconnue il y a deux ans en Allemagne.

À l'annonce des résultats, la majorité du millier de délégués présent dans un hall de la foire de Hambourg plein à craquer se sont levés, certains scandant AKK! AKK!.

Elle a remercié ses deux adversaires " pour une compétition juste ": Friedrich Merz et le jeune ministre de la Santé Jens Spahn, un autre anti-Merkel, éliminé au premier tour, et a promis de travailler avec eux dans l'avenir. "Sobre, modeste, elle travaille " de manière objective et calme " rappelle l'hebdomadaire allemand Spiegel, qui juge son style " parfois ennuyeux, comme celui d'Angela Merkel ".

Angela Merkel a lancé un appel relativement rare dans sa bouche à défendre les valeurs "chrétiennes" et "démocratiques" face à la montée des tendances nationalistes et populistes dans le monde.

"Elle s'est également défendue d'être une " Mini-Merkel", l'un de ses sobriquets".

Des convictions plus radicales que son modèle.

Attaquée sur la droite par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD, extrême droite) et rongée au centre par les Verts, la formation ne récolte plus avec son allié bavarois CSU que 26 à 28 % des intentions de vote dans les sondages.

Son partenaire gouvernemental minoritaire au sein de la coalition, le parti social-démocrate, s'est montré soulagé de voir que la CDU n'allait pas se droitiser. C'est aussi l'occasion de regarder comment la CDU peut retrouver un nouveau souffle.

A Hambourg, la succession d'Angela Merkel à la tête de la CDU se prépare. Mais avant de passer la main, elle a défendu avec vigueur son héritage politique, malgré les critiques dont il fait l'objet en Allemagne et en dehors des frontières, notamment sur la question des migrants.

" En ces moments difficiles, nous ne devrions pas oublier nos valeurs chrétiennes-démocrates", a mis en garde la chancelière.

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